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Sous la menace d'une frappe américaine, l'Iran dit vouloir un accord "rapide"
L'Iran, en quête d'un allègement des sanctions asphyxiant son économie, a dit vendredi vouloir un accord "rapide" avec les Etats-Unis, au lendemain de l'ultimatum lancé par Donald Trump, qui laisse planer la menace d'une intervention militaire.
Alors que les deux pays ennemis ont tenu des pourparlers en début de semaine, le président américain a dit se donner "dix" à "quinze jours" pour décider si un accord avec Téhéran était possible, ou s'il allait au contraire recourir à la force.
Interrogé sur l'éventualité d'une frappe si les négociations échouent, il a répondu vendredi: "Tout ce que je peux dire... c'est que je l'envisage".
"Je dois dire tout d'abord qu'il n'y a pas d'ultimatum", avait lui affirmé le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi sur la télévision MS NOW (ex MSNBC). "Nous discutons simplement entre nous de la manière dont nous pouvons conclure rapidement un accord. Et un accord rapide est quelque chose qui intéresse les deux parties".
L'Iran attend en échange une levée des sanctions, qui pénalisent depuis des décennies son économie, entraînant une hyperinflation chronique et une forte dépréciation de la monnaie nationale, le rial.
Ce phénomène, qui érode rapidement le pouvoir d'achat des Iraniens, s'est particulièrement accentué ces derniers mois et a été l'élément déclencheur en décembre des vastes manifestations.
"Il est évident que plus tôt ces sanctions seront levées, mieux ce sera pour nous. Nous n'avons donc aucune raison de retarder" le processus, a insisté le ministre.
Il espère désormais présenter au plus vite "une proposition d'accord potentiel" à ses homologues américains, l'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner. "Je pense que d'ici deux ou trois jours, elle sera prête", a-t-il ajouté.
- Refus du zéro enrichissement -
En Israël, allié des Etats-Unis et ennemi juré de la République islamique, l'armée est "sur le qui-vive", mais il n'y a aucun changement dans les consignes à l'attention de la population, selon son porte-parole.
Israël avait bombardé l'Iran en juin, déclenchant une guerre de 12 jours, et été rejoint par les Etats-Unis qui avaient frappé trois sites nucléaires du pays.
Washington et Téhéran ont depuis renoué le dialogue début février, pour la première fois, et ont tenu deux sessions de discussions pour tenter de régler leurs différends.
Mais les dirigeants de part et d'autre continuent à échanger des menaces sur fond d'escalade militaire.
Les Etats-Unis ont déployé dans la région un important dispositif militaire naval et aérien, d'abord en réaction à la répression meurtrière début janvier par le pouvoir iranien du mouvement de contestation, puis pour arracher un accord.
Au coeur de la discorde entre Washington et Téhéran: le programme nucléaire iranien.
Le président américain s'est plusieurs fois prononcé pour une interdiction totale pour l'Iran d'enrichir de l'uranium, une exigence que Téhéran considère comme une ligne rouge, représentant un obstacle majeur à tout accord éventuel.
Selon M. Araghchi, les Etats-Unis n'ont cette fois "pas demandé zéro enrichissement".
- "Pacifique" -
Avant les frappes israélo-américaines de juin, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%, soit bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l'accord nucléaire de 2015, désormais caduc, conclu avec les grandes puissances.
L'uranium enrichi à un taux très élevé (90%) peut servir à fabriquer la bombe A, communément appelée bombe atomique.
L'Iran se défend d'avoir des ambitions militaires mais insiste sur son droit au nucléaire civil notamment pour l'énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, et Israël, ennemi juré de la République islamique et considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.
"Ce dont nous parlons maintenant, c'est de comment garantir que le programme nucléaire iranien, y compris l'enrichissement, soit pacifique et le reste pour toujours", a souligné Abbas Araghchi sur MS NOW, alors qu'aucune date pour de nouveaux pourparlers n'a été fixée.
E.Hall--AT