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Feu vert à une marche à Lyon en hommage à Quentin Deranque, sous haute surveillance
Une marche samedi à Lyon en hommage au militant nationaliste Quentin Deranque, soutenue par l'ultradroite, a reçu vendredi l'aval des autorités, qui prévoient un dispositif de sécurité renforcé le long du trajet.
Ce feu vert intervient au lendemain de la mise en examen de sept suspects, liés à la mouvance d'ultragauche, pour "homicide volontaire" ou "complicité", dont six ont été écroués.
"Pour l'instant, la liberté est plus importante que l'inquiétude", a déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez tôt vendredi sur RTL, en annonçant qu'il ne s'opposerait pas à ce défilé qui pourrait rassembler 2 à 3.000 participants.
Quelques heures plus tard, la préfecture du Rhône a annoncé qu'elle autorisait le parcours sur 1,4 km, jusqu'aux lieux où Quentin Deranque a été roué de coups le 12 février. Mais avec "un dispositif de sécurité important", comprenant des renforts de CRS, de gendarmes mobiles et de policiers d'autres départements.
Cette décision contrecarre la volonté du maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, qui réclamait l'interdiction de l'événement en raison de "risques avérés de troubles à l'ordre public".
Dans ce climat très tendu, le président du Rassemblement national Jordan Bardella, toujours en quête de dédiabolisation de son parti, a recommandé vendredi à ses cadres de ne pas se rendre aux hommages ni d'y associer le RN. Dans une lettre consultée par l'AFP, il a souligné que les organisateurs sont "multiples, incertains".
- "Démonstration fasciste" -
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a lui appelé sur X à interdire la marche, une "véritable démonstration fasciste dans les rues" et une "menace pour les habitants".
"Je ne suis pas certain que de voir des croix celtiques défiler pendant plusieurs heures dans les rues de Lyon soit la bonne façon de rendre hommage à celui qui est mort", a commenté pour sa part le premier secrétaire du PS Olivier Faure.
La famille de Quentin Deranque a appelé au calme et ne participera pas à la marche. Ses parents ont également souhaité que ce rassemblement se fasse "sans violences" et "sans expression politique", selon leur avocat Fabien Brajon.
Ces tensions éclatent au lendemain d'une importante étape judiciaire: six hommes soupçonnés d'avoir frappé à mort le militant nationaliste ont été mis en examen pour "homicide volontaire" et un assistant du député LFI Raphaël Arnault pour "complicité".
Ce collaborateur, Jacques-Elie Favrot, 25 ans, a été placé en détention provisoire. Le chef retenu à son encontre confirme qu'il "n'a pas donné de coups directs susceptibles d'avoir causé le décès", a réagi son avocat, Bertrand Sayn.
Au juge d'instruction, le jeune homme a redit "qu'il ne s'agissait absolument pas d'un guet-apens, mais bien d'un affrontement avec un groupe de militants d'extrême droite", a poursuivi l'avocat.
Parmi les suspects mis en examen pour homicide volontaire, et également écroué, figure un autre proche de Raphaël Arnault, Adrian Besseyre, 25 ans, qui travaillait dans l'équipe du député jusqu'à quelques jours avant les faits, a expliqué à l'AFP son avocat, Benoît Courtin.
- Démarche "indécente" -
Quentin Deranque, 23 ans, a été frappé le jeudi 12 février par des individus encagoulés en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, alors qu'il assurait la sécurité des militantes identitaires de Némésis. Il est décédé le samedi 14.
Sur RTL, M. Nuñez a déclaré avec certitude ne pas croire au guet-apens, y voyant "une rixe entre deux groupes qui s'est terminée par un homicide volontaire (...) par un lynchage qui est absolument abominable".
Depuis l'Inde, Emmanuel Macron a exhorté "les extrêmes à faire le ménage dans leurs rangs".
De son côté, LFI refuse d'exclure M. Arnault. Pour Manuel Bompard, il ne saurait être "tenu responsable des actes de ses salariés".
La polémique s'invite également dans les municipales. L'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas et candidat à la mairie de Lyon a demandé qu'un portrait de la victime soit affiché sur l'Hôtel de Ville. Une démarche qualifiée d'"indécente" par Grégory Doucet.
M. Aulas a précisé que ni lui, ni son mouvement, ne participeront à la marche.
A.Taylor--AT