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Merz renforcé après sa réélection haut la main à la tête des conservateurs allemands
Un an après sa victoire électorale, le chancelier allemand Friedrich Merz a été réélu haut la main vendredi à la tête du parti chrétien-démocrate CDU malgré une popularité en berne, des promesses non tenues et la pression de l'extrême droite.
"Nous allons devenir plus rapides, nous allons devenir meilleurs et nous allons notamment améliorer les infrastructures de notre pays (...), l'innovation, et le secteur militaire", a lancé le dirigeant, devant un millier de délégués conservateurs réunis à Stuttgart (sud-ouest), promettant un sursaut sans dévoiler de nouvelles mesures concrètes.
Friedrich Merz, qui a remercié les délégués pour leur "formidable confiance", a obtenu 91,2% des voix.
Un score moins bon qu'en 2022, quand il avait pris la tête du parti avec 95% des suffrages, mais meilleur qu'en 2024, où il avait été réélu avec 89,9% des voix.
Contrairement à ce qui était prévu, le vote n'a pas pu se faire électroniquement en raison d'une panne, mais à la main avec des bulletins, ce qui a retardé la procédure d'au moins trois heures.
Le congrès a également marqué une rare apparition commune avec l’ex-chancelière Angela Merkel, sa rivale historique, qui l’avait tenu à l’écart de la politique nationale pendant près de quinze ans et à qui il reproche l'accueil de plus d'un million de migrants il y a dix ans.
- Espoirs déçus -
Les conservateurs attendaient surtout du chancelier une stratégie claire pour les élections régionales prévues cette année, notamment dans l’est du pays, où l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est en position de force.
Victorieux des législatives de février 2025 et aux commandes de l'Allemagne depuis mai, M. Merz a connu un début d'exercice difficile, critiqué jusque dans son camp pour la lenteur des réformes attendues pour relancer une économie en berne depuis trois ans.
En cause, notamment, les conflits au sein de sa coalition avec les sociaux-démocrates, qui ralentissent la prise de décision.
Beaucoup d'Allemands "espéraient des changements bien plus rapides", a dit à l'AFP Marc Debus, chercheur en sciences politiques à l'université de Mannheim.
Le patronat s’impatiente. Le président de la fédération BDA, Rainer Dulger, a exhorté cette semaine le chancelier à présenter "un programme de réformes digne de ce nom", réclamant des baisses d'impôts et des dépenses sociales ainsi qu'une réduction de la bureaucratie, dans le quotidien Bild.
Friedrich Merz a repoussé ces critiques: "Peut-être n'avons-nous pas fait comprendre assez rapidement après le changement de gouvernement que nous ne pouvions pas réaliser cet énorme effort de réformes du jour au lendemain", a-t-il répliqué.
- Impopulaire -
Le temps presse, avec des prévisions de croissance économique de tout juste 1% pour 2026, après une quasi stagnation (0,2%) en 2025 et deux années précédentes de récession.
L'économie reste minée par les droits de douane américains, le prix de l'énergie et un retard technologique croissant sur les Etats-Unis et la Chine.
Le chancelier a quant à lui mis en avant des succès : le parlement s'est entendu sur une réforme permettant des investissements massifs dans les infrastructures et le renforcement de la défense, dans un contexte marqué à la fois par la guerre en Ukraine et le désengagement annoncé des États-Unis de Donald Trump vis-à-vis de la sécurité européenne.
Friedrich Merz a consacré l’essentiel de son discours à la politique étrangère, réaffirmant son soutien à l’Ukraine et à Israël et appelant l’Europe à "parler le langage du pouvoir" ou saluant la force de l'union des Européens dans la crise du Groenland, convoité ouvertement par le président américain Donald Trump jusqu'au mois dernier.
Mais, le chancelier ne convainc pas ses concitoyens. Seuls 22% estiment qu'il fait un meilleur travail que son prédécesseur, le social-démocrate Olaf Scholz, battu aux législatives de 2025, selon un sondage de Bild.
Et M. Merz a pu froisser en sermonnant les Allemands sur leur éthique de travail, comme avec cette sortie: "Ce n'est pas avec la semaine de quatre jours et l'équilibre vie professionnelle / vie privée, qu'on pourra assurer la prospérité du pays".
Enfin, il reste menacé par le parti d'extrême droite, Alternative pour l'Allemagne (AfD), malgré le tour de vis qu'il a donné sur l'immigration, sans savoir comment attirer les électeurs de cette formation.
S.Jackson--AT