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Comme un village fantôme: les habitants de Cheffes évacués face à la montée des eaux
Avec le sourire et dans le calme, les habitants de Cheffes (Maine-et-Loire) ont déserté vendredi leur village envahi par les eaux de la Sarthe, une évacuation générale ordonnée par le maire, avant une coupure totale du courant.
Dès le début d'après-midi, quelque 450 personnes ont pu être évacuées, donnant des airs de village fantôme à ce coin d'ordinaire paisible, apprécié pour son écluse et ses bords de rivière.
Cour d'école immergée, stade de foot transformé en piscine olympique, volets clos et planches de bois fixées sur des dizaines de maisons: même le cimetière du village semblait peu à peu disparaître sous les flots. Tous les commerces sont fermés.
L'évacuation "générale" est une première depuis la grande crue de 1995.
La Sarthe, qui a atteint 6,66 m vendredi, devrait monter jusqu'à 6,83 m dans la nuit de samedi à dimanche, selon la préfecture du Maine-et-Loire.
- "Rarement vu ça" -
"Il n'y pas d'inquiétude, tout se fait avec beaucoup de sérénité", rassure le maire de la commune Marc Dutruel, vantant "une importante culture du risque inondation".
Face aux dernières prévisions, l'édile a pris un arrêté ordonnant l'évacuation dans les plus brefs délais.
"De premiers départs ont commencé dès dimanche dernier, lorsqu'on a déclenché la cellule de crise. Mais depuis ce matin, c'est le branle-bas de combat. On a rarement vu ça", décrit-il.
"Hier, on était encore au sec. Mais maintenant, l'eau est entrée à l'intérieur!", s'exclame Christine Goguet, dont la maison est située en face à la mairie. Comme la plupart de ses voisins, elle a décidé de trouver refuge chez des proches, "le temps que ça redescende".
Une trentaine de gendarmes et sapeurs-pompiers, ont été déployés pour l'opération. Maison par maison et à l'aide de leurs canoës, ils viennent chercher les quelques dizaines de personnes encore sur place.
La commune de Cheffes, qui vit la quatrième plus importante montée des eaux depuis 1900, sera totalement privée d'électricité, au plus tard dans la soirée, comme annoncé depuis plusieurs jours par les élus. Le mot d'ordre a donc été "l'anticipation".
- "Plusieurs jours" -
Gilles Gripon, à la tête d'un atelier de décorations en métal à l'entrée du village, revendique "une quarantaine de maisons" évacuées grâce à la benne de son camion depuis le début de la semaine.
"Dès lundi, on a commencé à livrer des parpaings et des sacs de sables, mais face à la vitesse de la montée de l'eau, on a commencé à venir en aide aux personnes les plus impactées, en les évacuant avec leurs affaires", explique-t-il.
Lui aussi a prévu d'aller se mettre au sec.
"Une fois que tout le monde sera parti (...), il faudra un nouvel arrêté pour permettre un retour", explique Marc Dutruel, estimant que "ça prendrait plusieurs jours..."
Le risque: des actes malveillants. Selon lui, deux personnes, soupçonnées de vouloir commettre des cambriolages, ont été verbalisées dans la semaine, pour avoir tenté de mettre à l'eau des jet-ski "soi-disant pour déménager une maison".
Les rondes de gendarmes vont être intensifiées.
"Il faut qu'on soit vigilants. Il y a beaucoup de gens qui rôdent pour profiter des maisons vides laissées par les gens...", insiste M. Dutruel.
T.Perez--AT