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En Colombie, une campagne électorale à haut risque face au retour de la violence
Un SUV blindé dévale à vive allure une route de montagne surveillée par des guérilleros armés. Chaque minute sur ce chemin escarpé représente un danger pour Esneyder Gomez, candidat autochtone aux législatives en Colombie, dans une campagne électorale à haut risque.
La multiplication des attaques en vue des élections législatives du 8 mars et présidentielle du 31 mai fait de cette campagne l'une des plus violentes depuis l'accord de paix de 2016 ayant désarmé la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
L'AFP a suivi durant une journée Esneyder Gomez alors qu'il passait de village en village, marchant sur des chemins boueux, pour tenter de glaner les suffrages des communautés indigènes dans une région en grande partie abandonnée par l'Etat.
Le candidat de 46 ans est en quête de voix dans son département du Cauca, une région du sud-ouest du pays contrôlée par divers groupes armés.
Le danger est palpable. Il a reçu des menaces de la guérilla il y a dix ans et il y a quelques mois, son véhicule a essuyé des tirs alors qu'il rentrait d'un meeting. La semaine dernière, la sénatrice indigène Aida Quilcué a été enlevée pendant quelques heures par des hommes armés dans la même zone, avant d'être libérée.
Fils d'un policier afro‑colombien et d'une guérilléra indigène Nasa, M. Gomez avance protégé par un groupe de gardes indigènes, dont certains à peine sortis de l'adolescence et ayant pour seule arme un bâton.
"Le risque est constant", affirme-t-il, relevant que malgré les accords signés par l'Etat avec des guérilléros et paramilitaires depuis 20 ans, la paix reste insaisissable.
En 2025, alors que la campagne électorale n'en était qu'à ses débuts, au moins 61 responsables politiques ont été tués dans le pays, selon la Mission d'observation électorale.
Les candidats sont sous la menace de violences dans 130 localités, soit près du tiers du pays, a averti cet organisme local.
La menace est devenue évidente en juin dernier, quand le jeune sénateur de droite Miguel Uribe a été victime d'un attentat en plein jour à Bogota. Décédé quelques semaines plus tard, ce dernier espérait se présenter à la présidentielle de mai pour succéder au dirigeant de gauche Gustavo Petro.
- "Rage" -
Pour de nombreux Colombiens, ces violences rappellent les heures sombres des années 1980 et 1990, lorsque cinq candidats à la présidence avaient été abattus et que des barons de la drogue tels que Pablo Escobar faisaient la loi.
Le ministre de la Défense, Pedro Sanchez, a annoncé le déploiement des forces de l'ordre et des mesures de sécurité "renforcées" en vue des scrutins.
Experts et détracteurs attribuent le retour de la violence à la politique du gouvernement sortant, qui a privilégié la négociation avec les groupes armés (guérillas, paramilitaires, cartels...) plutôt que l'affrontement, leur permettant d'étendre leur territoire et de prospérer grâce à une production record de coca.
Dans les montagnes couvertes de brume que traverse M. Gomez, les versants tapissés de plants viennent rappeler que la Colombie est le premier producteur mondial de cocaïne, destinée aux marchés nord-américain et européen.
Juste après l'accord de paix avec les Farc de 2016, les gens "pouvaient se déplacer plus sereinement", affirme le candidat au Parlement.
Mais les groupes illégaux ont rapidement repris de la force.
Dans le Cauca, des dissidents des Farc ayant rejeté l'accord de 2016 imposent un "contrôle territorial", indique M. Gomez. "J'ai vu tomber beaucoup, beaucoup de camarades" sous les balles des groupes armés, ajoute‑t‑il, avouant ressentir "rage" et "impuissance".
Les guérilléros affichent fièrement leur domination sur ce territoire. "61 ans de lutte", proclame une affiche avec la photo d'un leader historique des Farc.
Plus loin, des rebelles armés gardent un poste de contrôle où les passants doivent décliner leur identité. Les caméras ne sont pas les bienvenues.
- "Cela doit cesser" -
Les gardes indigènes de M. Gomez sont volontairement désarmés afin d'éviter toute confrontation, explique José Yatacué, leur coordinateur.
Ils misent sur le dialogue, mais reconnaissent que celui qu'ils défendent "court un risque" en raison de son rôle passé de leader social, "et plus encore en tant que candidat".
La région est truffée de fidèles de l'homme qui se fait appeler Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie, accusé par le parquet colombien de génocide envers le peuple Nasa.
Le gouvernement l'accuse du meurtre de figures de la société civile et du recrutement forcé d'enfants indigènes. "C'est systématique", affirme M. Gomez. "Ils s'acharnent sur le peuple Nasa. Cela doit cesser."
Dans ce contexte de tension extrême, les scrutins à venir feront office de test pour savoir si les élections colombiennes peuvent être libres, équitables et sûres dans tout le pays.
Ch.P.Lewis--AT