Arizona Tribune - "Un viol par surprise": sept ans de prison requis contre le rappeur Naps

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"Un viol par surprise": sept ans de prison requis contre le rappeur Naps
"Un viol par surprise": sept ans de prison requis contre le rappeur Naps / Photo: Thomas SAMSON - AFP/Archives

"Un viol par surprise": sept ans de prison requis contre le rappeur Naps

Le parquet général a réclamé jeudi sept ans de prison contre le rappeur Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, accusé d’avoir violé une jeune femme dans son sommeil le 1er octobre 2021 dans une chambre d’hôtel parisienne.

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"On essaie de vous faire croire qu’il s’agit de parole contre parole", mais les déclarations "circonstanciées" de la plaignante, qui "n’a jamais varié" dans son récit, prouvent un "viol par suprise", a estimé l'avocate générale Sarah Cadeillan devant la cour criminelle de Paris, au dernier jour du procès du rappeur.

La veille, l'artiste a nié avec force avoir violé la jeune femme de 24 ans : "Jamais de la vie ça ne me viendrait à l’idée d’avoir un rapport avec une personne endormie (...) c’est impossible", s'est défendu le rappeur, aujourd'hui âgé de 40 ans. "Ce n’est pas moi."

La jeune femme, Emma (prénom modifié), interrogée le même jour que l'accusé, est restée constante et n'a pas flanché : "La question, c’est pourquoi est-ce que j’ai été réveillée par une pénétration forcée ?", a-t-elle rétorqué aux trois avocats de la défense.

Ces derniers ont parfois marché sur des oeufs lors de leur plaidoirie, reconnaissant la difficulté d'assurer la défense d’un homme accusé de violences sexuelles.

"Une tâche ardue" et "une épreuve pour (la plaignante) qu’on ne nie pas", a expliqué Me Marceau Perdereau, en introduction, avant de pointer les incohérences et "l'absence de réaction" des deux témoins présentes dans la chambre ce soir-là.

- Récits brumeux -

Au petit matin du 1er octobre 2021, Emma et ses deux amies de l'époque sont invitées à passer la fin de soirée dans une chambre d'hôtel avec le rappeur, alors âgé de 35 ans. Epuisés par une nuit de fête, ils se couchent tous les quatre dans le même lit, sans se dévêtir. Emma explique alors s'être profondément endormie.

L’une d’entre elles, ancienne meilleure amie d’Emma, a reconnu mardi avoir menti, en affirmant avoir eu un rapport sexuel consenti avec le rappeur pour la protéger de ses assauts.

Dans un échange de texto lu pendant l'audience, la plaignante lui reproche longuement son inaction: " C’est normal que le mec ait réussi à rentrer en moi sous tes yeux ", "Sa bite elle était en toi car vu comme sa bite était minuscule ", lui répond son amie de l'époque. "T'as bien vu, je pouvais à peine bouger ."

Tous ont consommé de l'alcool, du cannabis et du protoxyde d'azote qui, selon le rapport toxicologique, peut conduire à "une importante diminution de la vigilance et de la mémoire."

Leur état ce soir-là peut également expliquer les imprécisions de la plaignante et des témoins, sur lesquelles la défense est longuement revenue.

"Qui n'a jamais regretté une nuit avec un homme ou une femme ? Est-ce pour autant un viol ?", s'est interrogé Me Orane Quénot, l'une des avocates de Naps.

Les trois jeunes femmes, dont les récits brumeux dans cette chambre diffèrent par moments, se rejoignent néanmoins sur un point: Emma dormait lorsque Naps l'a pénétrée.

Une version radicalement différente de celle défendue tout au long de la procédure et à la barre par l’accusé pour qui "tous les signaux (étaient) au vert." "Il y a eu des rapprochements dans la chambre, ça s'est fait naturellement", a-t-il affirmé.

Dans ses réquisitions, l’avocate générale a pointé l'absence de "remise en question" du musicien.

"Même si elle est inerte, une jeune fille ne peut pas lui résister, ne peut (pas) lui dire non", a-t-elle déploré, "car si elle là, dans cette chambre d'hôtel, alors qu’il est connu, qu'elle s’est assise sur ses genoux, alors (c'est qu'elle) est d’accord."

Connu pour son tube "La Kiffance", le Marseillais a également été mis en examen en juillet 2024 dans le Var pour viols et agressions sexuelles à la suite des plaintes de trois jeunes femmes, dans un contexte similaire, des accusations qu'il conteste également.

Verdict attendu ce jeudi.

P.Hernandez--AT