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Mort de Quentin Deranque : Macron appelle les extrêmes à "faire le ménage" dans leurs rangs
Des premières mises en examen sont attendues jeudi pour la mort du jeune nationaliste Quentin Deranque, agressé par des militants liés à l'ultragauche, Emmanuel Macron renvoyant dos à dos extrême gauche et extrême droite pour "faire le ménage" dans leurs rangs.
De même, la famille du jeune homme de 23 ans a appelé "au calme et à la retenue" et dénoncé "toute forme de violence politique", à deux jours d'une marche prévue, si elle est autorisée, en hommage à leur fils à Lyon.
Le maire écologiste Grégory Doucet a demandé à la préfecture d'interdire pour des raisons de sécurité cette marche réclamant "Justice pour Quentin, tué par les antifas", dont l'appel est largement relayé par l'extrême droite sur les réseaux sociaux.
Cela au moment où la pression s'intensifie sur La France insoumise, notamment à droite et à l'extrême droite qui lui attribuent volontiers une "responsabilité" dans le drame en raison notamment de ses "liens" avec le groupe d'ultragauche dissout la Jeune Garde Antifasciste, dont font partie certaines des 11 personnes interpellées depuis mardi.
Le procureur de Lyon tient à 17H00 une conférence de presse au moment où se termineront les gardes à vue de ces suspects dans une enquête ouverte notamment pour "homicide volontaire".
Sept sont soupçonnés d'avoir joué un rôle direct dans les violences survenues il y a une semaine, les quatre autres le sont pour avoir tenté de les aider à se soustraire aux recherches.
Figurent parmi eux deux collaborateurs parlementaires et un ancien stagiaire du député LFI Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde, dissoute par décret en juin 2025 notamment pour des "violences".
Face à l'offensive contre LFI, le coordinateur du mouvement Manuel Bompard a martelé jeudi qu'il n'était "pas question" de suspendre ou d'exclure Raphaël Arnault du groupe LFI à l'Assemblée nationale, au motif notamment qu'il ne saurait être "tenu responsable des actes de ses salariés".
- "Tirer les conclusions" -
Quentin Deranque, 23 ans a été frappé le 12 février par plusieurs personnes encagoulées, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Il était venu assurer la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis qui manifestaient contre la venue de l'élue. Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est décédé samedi.
Devant les enquêteurs, Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire de Raphaël Arnault, "a reconnu (...) la commission de violences et sa présence sur les lieux" mais "a indiqué qu’il n’était pas l’auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque", selon son avocat Bertrand Sayn.
La présidente de l'Assemblée Yaël Braun-Pivet a suspendu ses accès aux locaux du Palais Bourbon, tout comme pour un deuxième collaborateur de M. Arnault en garde à vue, Robin C. connu au Palais Bourbon sous le nom de Robin Michel, soupçonné d'avoir aidé un des auteurs principaux à se cacher.
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a appelé jeudi Raphaël Arnault à "tirer les conclusions" si la justice "trouve des indices graves et concordants qui touchent lui-même (ou) ses collaborateurs qu'il a embauchés". Et le patron de LR Bruno Retailleau a exigé sa démission de l'Assemblée nationale.
La veille, le président du RN Jordan Bardella a également réclamé sa démission et mené l'offensive contre le parti d'extrême gauche en visant tout particulièrement son leader Jean-Luc Mélenchon. Il a aussi prôné un "front commun", un "cordon sanitaire" pour un "tout sauf LFI" aux élections municipales de mars et la présidentielle de 2027.
- "Dans la retenue" -
En visite en Inde, Emmanuel Macron a appelé à éviter "tout engrenage de la violence", et affirmé qu'en République, il n'y avait "pas de place pour les mouvements qui adoptent et légitiment la violence". Il a exhorté "les extrêmes" à "faire le ménage dans leurs rangs", ciblant "les mouvements d'extrême gauche" comme "d'extrême droite".
Bastien Brajon, l'avocat des parents de Quentin Deranque, a annoncé qu'ils ne participeraient pas, si elle a lieu, à la marche en hommage à leur fils samedi à Lyon et "souhaitent que si des personnes veulent s'agréger à cette initiative, qu'elles le fassent dans le calme, dans la retenue et sans expression politique".
Cette marche n'a pour l'heure été ni autorisée ni interdite par la préfecture, dont les services continuent d'"évaluer" les risques qu'elle pourrait poser "pour la sécurité des participants comme des habitants".
Les autorités s'intéressent notamment aux nombreux appels sur les réseaux sociaux de groupes qui pourraient se greffer ou même se "désolidariser" de la marche, a indiqué la préfecture à l'AFP. Ces appels proviennent de groupes d'ultradroite comme d'ultragauche, y compris de l'étranger.
Ch.Campbell--AT