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Crues: la Garonne et la Dordogne débordent à Bordeaux et Libourne
La Garonne, qui a déjà inondé plusieurs villes et villages du Sud-Ouest, et la Dordogne ont débordé jeudi matin à Bordeaux et Libourne, sans provoquer pour l'instant de dégâts majeurs, dans le sillage d'une nouvelle tempête couplée à de forts coefficients de marée.
A Bordeaux, qui a activé pour la première fois son plan de sauvegarde crues depuis la tempête de 1999, la Garonne a frôlé son record de l'époque (6,85 m contre 7,05 m), mais aucune barque ou zodiac ne sillonnait la ville comme dans les communes coupées du monde ou recouvertes d'eau ailleurs en Gironde, dans le Lot-et-Garonne, le Maine-et-Loire et la Charente-Maritime, toujours en vigilance rouge crues.
Plus à l'est à Libourne (25.000 habitants) où la Dordogne montait très vite, a constaté l'AFP, elle devait aussi tutoyer son record de 1999 (6,40 m) vers 08h30, avec la marée haute qui empêche la rivière de s'écouler vers la mer, et une digue est "sous étroite surveillance", selon le maire Philippe Buisson.
A 07h00, à Bordeaux, la Garonne débordait sur la promenade piétonne le long des quais de la neuvième ville de France (265.000 habitants), tandis que de l'autre côté du fleuve, des agents vêtus de gilets orange s'activaient à toute allure pour bloquer les routes en criant "C'est fermé" aux automobilistes.
Aucune évacuation d'habitants n'a en revanche été réalisée dans les deux gymnases spécialement aménagés, selon la protection civile qui a reçu l'ordre de les fermer vers 09h. Dans une troisième salle, qui a accueilli une vingtaine de sans-abri cette nuit, une poignée dormait encore ce matin a constaté l'AFP.
- Evénements annulés -
"On a eu moins de monde à héberger que lors de la tempête Nils," a indiqué Colombe, une bénévole de protection civile.
La ville a par ailleurs annulé tous les événements au bord du fleuve et fermé les crèches et centres de loisirs de ces zones pour faire face à "ce phénomène climatique exceptionnel, incontestablement dû au dérèglement climatique", selon le maire Pierre Hurmic.
"L'augmentation d'un degré de la température, avec laquelle nous devons être de plus en plus familiers, augmente de 7%, le taux d'humidité, et donc les risques d'intempéries, d'averses, d'inondations", a souligné l'élu écologiste.
"L'imperméabilisation des sols" et l'agriculture, quand elle "supprime les haies, les fossés, les zones humides" pour privilégier "plutôt les grandes cultures", peuvent en outre aggraver les conséquences de ces précipitations, précisait cette semaine à l'AFP Brice Martin, maître de conférences de géographie à l'université de Haute-Alsace.
Après 35 jours de pluie consécutifs, plus longue période de précipitations depuis le début des mesures en 1959, le passage de Pedro, "tempête hivernale non exceptionnelle", incite Météo-France à la prudence, ses "fortes rafales de vent intervenant sur des sols très humides et faisant suite au passage récent de deux tempêtes".
L'organisme en a placé vingt autres en orange pour vent, vagues-submersion ou avalanches, le long de la façade atlantique, sur le littoral occitan de la Méditerranée et dans les Alpes.
- Décrue très lente -
A Saintes, en Charente-Maritime, en vigilance rouge depuis mardi, plus de 2.000 maisons sont touchées, dont la moitié inondées, selon la mairie, qui recense des dizaines de rues envahies par l'eau et fermées.
En Gironde et dans le Lot-et-Garonne, une remontée de la Garonne était redoutée dans les zones touchées depuis désormais plus d'une semaine.
Plus au nord, à Angers, la Maine devrait dépasser jeudi le niveau de crue de 2000 et non loin, à Chalonnes-sur-Loire, un homme qui a chaviré en canoë, est toujours recherché depuis mardi soir.
En raison de ces intempéries, le trafic "est fortement perturbé" entre Nantes et Angers, tout comme sur la ligne entre Bordeaux et Narbonne, à cause des rafales de vent générées par la tempête Pedro, selon la SNCF.
Après son passage, "à partir de vendredi, on a un temps plus sec qui devrait se mettre en place sur ces régions" mais "l'arrêt des pluies ne signifie pas l'arrêt des crues" et "le retour à la normale se fera ensuite de manière très progressive", a indiqué mercredi la directrice de Vigicrues, Lucie Chadourne-Facon.
O.Ortiz--AT