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A Toulouse, l'armée française apprivoise l'espace, nouveau "milieu de conflictualité", dans l'exercice SparteX
Le commandement français de l'espace mène à Toulouse la 6e édition de son exercice spatial annuel afin de "démontrer notre crédibilité opérationnelle" dans ce nouveau "milieu de conflictualité", a déclaré mercredi à la presse le général Vincent Chusseau, à la tête du CDE.
"Les satellites apportent aujourd'hui une aide indispensable aux forces au sol (...) C'est un atout et ça devient un talon d'Achille que vise l'adversaire", a expliqué lors d'une visite de presse le colonel Olivier Fleury, directeur de cet exercice "SparteX", qui se tient dans la Ville rose du 8 au 27 février.
"La guerre de demain peut être perdue dans l'espace, et c'est pour cette raison que la France accélère et renforce sa défense spatiale. L'espace est désormais devenu un milieu de conflictualité à part entière, au même titre que la terre, la mer, l'air ou le cyber", a renchéri le général Chusseau au terme de la visite.
"Cette opération nous permet de démontrer notre crédibilité opérationnelle", a souligné le commandant de l'espace à propos de SparteX, dont les cinq premières éditions, déjà organisées à Toulouse, étaient baptisées "AsterX".
Pendant trois semaines, 200 personnes participent à cette opération, dont des militaires français et de 12 pays alliés dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et l'Allemagne, ainsi que des représentants du Centre national d'études spatiales (CNES) et de l'industrie aérospatiale.
Les participants doivent répondre aux menaces émanant d'une nation fictive hostile dans une simulation comprenant 4.000 satellites.
Cette opération a été pensée en coordination avec l'exercice "Orion" débuté à la même date, dans le cadre duquel l'armée française s'entraîne avec des militaires de 24 pays alliés à conquérir la supériorité aérienne, préalable indispensable à toute opération militaire.
"En 2020, on comptait à peu près 2.200 satellites. En 2025, 13.000, une augmentation de 440%. Sur ces 13.000 satellites, 60% sont de la constellation Starlink", déployée par l'entreprise SpaceX d'Elon Musk, souligné le général Chusseau.
"L'espace extra-atmosphérique" devient donc "un milieu opérationnel à part entière, dans lequel se jouent des enjeux de sécurité nationale", a-t-il estimé.
Parmi les menaces identifiées figurent d'éventuels satellites offensifs en orbites, des interventions depuis la surface (missiles, laser, impulsions électromagnétiques) ou encore de l'espionnage. "C'est bien le reflet de ce qui se passe dans le monde réel que nous avons mis dans le scénario de SparteX", a encore dit le général Vincent Chusseau
R.Lee--AT