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Crues: la Garonne toujours au plus haut, Bordeaux anticipe ses débordements
La Garonne ne désemplit pas dans le Sud-Ouest, où la conjonction d'une nouvelle tempête et de forts coefficients de marée fait craindre des inondations dans deux quartiers de Bordeaux jeudi matin.
Après 35 jours de pluie consécutifs, plus longue période de précipitations depuis le début des mesures en 1959, le passage de Pedro, "tempête hivernale non exceptionnelle", incite Météo-France à la prudence, ses "fortes rafales de vent intervenant sur des sols très humides et faisant suite au passage récent de deux tempêtes".
Villages isolés, routes et voies ferrées sous les eaux, barques et zodiacs sillonnant les villes: la France traverse un épisode "inédit" avec quatre départements toujours en rouge pour les crues (Gironde, Lot-et-Garonne, Maine-et-Loire, Charente-Maritime), a rappelé mercredi Lucie Chadourne-Facon, directrice de Vigicrues.
Météo-France en a placé vingt autres en orange pour vent, vagues-submersion ou avalanches, le long de la façade atlantique, sur le littoral occitan de la Méditerranée et dans les Alpes.
A Bordeaux, le maire Pierre Hurmic a activé le plan communal de sauvegarde de la ville, une première pour des crues depuis celle record des tempêtes de décembre 1999, qui pourrait être tutoyée jeudi matin à l'heure de la pleine mer, quand la marée fait monter le niveau de la Garonne.
- Hébergements temporaires -
Marchés et autres événements au bord du fleuve, qui traverse la neuvième ville de France (265.000 habitants) du sud au nord, ont été annulés, les crèches et centres de loisirs de ces zones ont été fermés tout comme les parcs et jardins municipaux, en raison de la tempête Pedro.
Dès mercredi soir, une salle pour "des sans-abri habituellement installés sur les bords de Garonne" et deux gymnases pour "tous les habitants de la ville concernés par ces crues" ont été ouverts pour faire face à "ce phénomène climatique exceptionnel, incontestablement dû au dérèglement climatique", selon le maire écologiste.
Le plan communal de sauvegarde a également été activé plus à l'est à Libourne (25.000 habitants), qui s'attend à "dépasser le niveau de crues connu en 1999".
A Angers, où la Maine devrait dépasser jeudi le niveau de crue de 2000, la municipalité a aussi prévu deux gymnases pour accueillir des personnes qui auraient besoin d'être hébergées. Non loin, à Chalonnes-sur-Loire, un homme qui a chaviré en canoë, est toujours recherché depuis mardi soir.
A Saintes, en Charente-Maritime, habituée aux inondations à répétition, la Charente devrait se stabiliser entre 6,40 m et 6,50 m, à seulement quelques dizaines de centimètres du record de 1982 (6,84 m). Plus de 2.000 maisons sont touchées, dont la moitié inondées, selon la mairie, qui recense des dizaines de rues inondées et fermées.
- Décrue très lente -
Sophie, 64 ans, infirmière libérale, qui habite près de la gare de Saintes depuis 26 ans, a décidé "de tout ranger" mercredi et de "faire sa valise" faute de "pic estimé à l'heure actuelle".
"Le tout c'est juste que j'arrive à sortir", a-t-elle dit alors que l'eau remontait jusqu'à ses fenêtres. "Ils ne peuvent plus mettre de parpaings, parce qu'au-delà de trois, les madriers, les planches en bois sur lesquelles on marche, flottent. Ils vont peut-être mettre un petit bateau, une barque".
Le retour des transports en commun classiques n'est pas pour tout de suite. Les nouvelles pluies attendues entre mercredi et jeudi, "vont avoir pour effet de réalimenter les crues actuelles ou en tout cas de les maintenir, ça va dépendre des rivières", selon Lucie Chadourne-Facon.
"À partir de vendredi, on a un temps plus sec qui devrait se mettre en place sur ces régions" mais "l'arrêt des pluies ne signifie pas l'arrêt des crues" et "le retour à la normale se fera ensuite de manière très progressive", a ajouté la directrice de Vigicrues.
tsq-imk-kal-ban-laf-ld/gf/sp/alh
E.Hall--AT