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Corée du Sud: verdict pour l'ex-président Yoon dans le procès de la loi martiale
Peine capitale, prison à perpétuité, ou clémence contre toute attente ? L'ex-président sud-coréen Yoon Suk Yeol sera fixé sur son sort jeudi dans le procès principal de la loi martiale, qu'il avait déclarée en décembre 2024 dans un coup de force aussi soudain que bref.
Sa culpabilité ne faisant que peu de doute, les juges du tribunal central du district de Séoul devraient arbitrer entre la peine de mort, requise par le parquet, et la réclusion à vie, seule alternative prévue par la loi pour punir le crime d'insurrection.
Aucune exécution n'a eu lieu depuis 1997 dans le pays. Mais des dizaines de condamnés croupissent dans le couloir de la mort.
Le soir du 3 décembre 2024, l'ancien dirigeant conservateur, invoquant la menace de "forces hostiles à l'Etat", déclarait la loi martiale par surprise à la télévision, tandis que l'armée se déployait pour boucler le Parlement et le réduire au silence.
La suspension du régime civil n'aura finalement duré que six heures. Dans la nuit noire, certains en escaladant les grilles d'enceinte, les députés étaient parvenus à se faufiler dans l'hémicycle en nombre suffisant pour contrecarrer les plans de Yoon Suk Yeol.
Sa tentative a ravivé le souvenir douloureux des dictatures au sein d'une société qui s'était habituée à la stabilité démocratique, a secoué les marchés, sidéré à l'étranger et provoqué une profonde crise politique domestique.
Le pays aura vu successivement la suspension de Yoon par l'Assemblée nationale, son arrestation -- au deuxième essai des autorités --, sa destitution en avril, puis la victoire de son rival Lee Jae Myung à la présidentielle anticipée de juin.
Les Sud-Coréens, qui se sont mobilisés massivement contre et pour Yoon Suk Yeol pendant des mois après cette nuit-là, devraient être des millions à suivre le prononcé du verdict à partir de 15H00 (06H00 GMT).
- "Ni plaidoyer coupable ni remords" -
Détenu et au coeur de plusieurs procès criminels, Yoon Suk Yeol, 65 ans, est maintenu à l'isolement.
Les procureurs l'accusent d'avoir mené une "insurrection" motivée par une "soif de pouvoir".
Selon l'avocat et commentateur politique Yoo Jung-hoon, la prison à vie est l'issue la plus probable.
"A de rares occasions, un juge pourrait user de ce qui est légalement connu comme une +atténuation discrétionnaire+, infligeant une sentence plus légère que la peine minimale prévue par la loi s'il pense que c'est justifié", ajoute-t-il cependant.
"Mais Yoon n'a ni plaidé coupable ni exprimé de remords, donc il sera difficile pour le jury de lui infliger une peine plus légère que la perpétuité", insiste M. Yoo auprès de l'AFP.
L'ex-président a toujours nié tout méfait, affirmant avoir agi pour "préserver la liberté" et restaurer l'ordre constitutionnel contre ce qu'il a qualifié de "dictature législative" de l'opposition, qui domine le Parlement et bloquait ses projets.
Il a déjà été condamné à cinq ans derrière les barreaux pour des faits moins graves. D'anciens collaborateurs, en poste au moment de sa décision choc, se sont aussi vu infliger des peines de prison, ou attendent leur jugement.
Parmi eux, l'ex-Premier ministre Han Duck-soo, qui a écopé de 23 ans d'incarcération (contre 15 requis) fin janvier, et le ministre de l'Intérieur de l'époque, Lee Sang-min, condamné à sept ans de prison la semaine dernière, pour leur rôle dans ce scandale.
A.Ruiz--AT