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A Munich, Rubio appelle une Europe "forte" à rejoindre le combat de Trump
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a appelé les Européens samedi, devant la Conférence de Munich sur la sécurité, à se ranger derrière la vision de Donald Trump sur l'ordre mondial, tout en prônant la revitalisation du lien avec une Europe "forte".
Les États-Unis, sous Donald Trump, sont prêts à mener la "restauration" de l'ordre mondial, a-t-il dit au deuxième jour de cette conférence.
L'allocution très attendue du responsable américain a toutefois offert un contraste saisissant avec le discours incendiaire du vice-président JD Vance l'année dernière devant la même assemblée.
Marco Rubio a assuré que les États-Unis souhaitaient "des alliés (...) qui comprennent que nous sommes les héritiers d'une même grande et noble civilisation et qui, avec nous, sont prêts et capables de la défendre". "Nous ne cherchons pas à diviser, mais à revitaliser une vieille amitié", a-t-il affirmé.
Le patron de la conférence, l'Allemand Wolfgang Ischinger, a dit après le discours avoir entendu "un soupir de soulagement" dans la salle.
Mais le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a notamment dit: "est-ce que ça va changer notre stratégie? Bien sûr que non". "Nous produiront une Europe forte et indépendante, quelles que soient les interventions que nous entendons à la Conférence de Munich", a-t-il déclaré.
- "Esclave de la guerre" -
Malgré un discours moins offensif que celui de JD Vance, M. Rubio a repris des thèmes chers au président américain comme "l'effacement civilisationnel" lié selon lui à l'immigration de masse ou la désindustrialisation qui menacent l'Europe comme les États-Unis.
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, Donald Trump s'en est pris au modèle des démocraties libérales européennes, courtisant les partis d'extrême droite européens.
Par ailleurs, le responsable américain a réitéré la position de l'administration Trump selon laquelle l'ONU n'a joué "pratiquement aucun rôle" dans la résolution des conflits et a appelé à réformer les institutions mondiales.
Concernant le conflit russo-ukrainien, M. Rubio a dit ne pas savoir "si les Russes sont sérieux dans leur volonté de mettre fin à la guerre".
Donald Trump avait appelé le président ukrainien Volodymyr Zelensky vendredi à "se bouger" pour parvenir à un accord avec la Russie, avant de nouvelles négociations la semaine prochaine à Genève.
A la tribune de Munich samedi, M. Zelensky a espéré que ces discussions "seront sérieuses et substantielles".
Mais selon lui, "les Américains reviennent souvent sur la question des concessions, et trop souvent ces concessions sont abordées uniquement dans le contexte de l'Ukraine, pas de la Russie".
Le président ukrainien a également affirmé samedi que le dirigeant russe Vladimir Poutine "ne peut se résoudre à abandonner l'idée même de la guerre". "Il est esclave de la guerre", a-t-il jugé.
M. Zelensky a aussi regretté l'absence des alliés européens dans les négociations, "une grosse erreur", selon lui.
De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a de nouveau plaidé pour une Europe "indépendante" et "forte".
Selon elle, "l'Europe doit passer à la vitesse supérieure". Elle notamment évoqué l'utilisation de "la clause de défense mutuelle", un engagement collectif des pays membres de l'UE à se défendre en cas d'agression.
Lui emboîtant le pas, le Premier ministre britannique Keir Starmer a déclaré: "multiplions nos forces et bâtissons une base industrielle commune à travers l'Europe".
Samedi également, le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a mis en garde contre toute tentative américaine de "comploter" en vue de séparer Taïwan de la Chine. Cela conduirait "très probablement" à une "confrontation", a-t-il averti.
- "Aidez" le peuple iranien -
Intervenant aussi à la tribune de la MSC samedi, le fils exilé du chah déchu, Reza Pahlavi, a appelé M. Trump à "aider" le peuple iranien à renverser la République islamique.
Environ 200.000 personnes se sont rassemblées samedi après-midi à Munich contre les autorités iraniennes, selon la police.
Par ailleurs, les menaces du président américain de s'emparer du Groenland, cet immense territoire autonome danois, avaient ébranlé l'Alliance atlantique.
Samedi, M. Starmer a annoncé que le Royaume-Uni déploierait "cette année" son groupe aéronaval dans l'Atlantique Nord. La France a également annoncé récemment le déploiement d'un groupe similaire.
De son côté, le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, a déclaré samedi que personne en Europe ne cherchait à "remplacer le parapluie nucléaire américain", après que l'Allemagne a annoncé qu'elle discutait avec la France de sa dissuasion nucléaire.
Après Munich, Marco Rubio se rendra en Slovaquie dimanche, dirigée par un allié de droite de Donald Trump. Puis il ira en Hongrie lundi, pour y conforter le soutien américain au Premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orban.
La France, qui assure la présidence tournante du G7, doit également réunir samedi les ministres des Affaires étrangères pour évoquer les grands dossiers internationaux.
M.King--AT