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A Munich, Rubio appelle les Européens à rejoindre le combat de Trump
Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a appelé les Européens samedi, devant la Conférence de Munich sur la sécurité, à se ranger derrière la vision de Donald Trump sur l'ordre mondial, tout en prônant la revitalisation du lien avec une Europe "forte".
Les États-Unis sous Donald Trump sont prêts à mener la "restauration" de l'ordre mondial, a-t-il dit au deuxième jour de cette conférence, où les Européens ont appelé les États-Unis à la raison et à réparer la relation transatlantique qui bat de l'aile.
Marco Rubio a assuré que les États-Unis souhaitaient "des alliés fiers de leur culture et de leur héritage, qui comprennent que nous sommes les héritiers d'une même grande et noble civilisation et qui, avec nous, sont prêts et capables de la défendre".
"Nous ne cherchons pas à diviser, mais à revitaliser une vieille amitié", a-t-il dit, ajoutant souhaiter "une alliance revigorée".
Mais M. Rubio a repris des thèmes chers au président américain comme "l'effacement civilisationnel" lié selon lui à l'immigration de masse ou la désindustrialisation qui menacent l'Europe comme les États-Unis.
Sans changer de cap sur la menace qui, selon son administration, plane sur l'Occident, M. Rubio a déclaré samedi que si les Etats-Unis sont "prêts, si nécessaire, à agir seuls, nous préférons et espérons agir avec vous, nos amis ici en Europe".
-"Europe indépendante"-
Par ailleurs, le responsable américain a réitéré la position de l'administration Trump selon laquelle l'ONU n'a joué "pratiquement aucun rôle" dans la résolution des conflits et a appelé à une réforme des institutions mondiales.
Il a aussi confirmé la position de l'administration Trump selon laquelle l'immigration "déstabilise les sociétés", tout en évitant les sujets de guerre culturelle qui, selon le chancelier allemand Friedrich Merz vendredi, avaient approfondi une "fracture" entre les États-Unis et l'Europe.
Peu après l'allocution du secrétaire d'Etat, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en se référant à l'invasion russe en Ukraine, a de nouveau plaidé pour une Europe "indépendante" et "forte".
Selon elle, "l'Europe doit passer à la vitesse supérieure" et "assumer ses responsabilités". Pour ce faire, elle doit "s'affranchir de tous les tabous", a-t-elle estimé, évoquant notamment l'utilisation de "la clause de défense mutuelle", un engagement collectif des pays membres de l'UE à se défendre en cas d'agression.
Elle a également assuré que l'avenir de l'Europe et du Royaume-Uni étaient "plus que jamais liés", une dizaine d'années après le Brexit. "Il est donc dans notre intérêt commun de faire preuve d'ambition concernant notre partenariat", a-t-elle ajouté.
Lui emboitant le pas, le Premier ministre britannique Keir Starmer a prôné une participation renforcée de la Grande-Bretagne à la politique de défense européenne.
"Nous devons être capables de dissuader l'agression et, oui, si nécessaire, nous devons être prêts à nous battre", a-t-il dit, avant d'ajouter: "multiplions nos forces et bâtissons une base industrielle commune à travers l'Europe, capable de doper notre production de défense".
Intervenant aussi à la tribune de la MSC samedi, le fils exilé du chah déchu, Reza Pahlavi, a estimé qu'il était "temps d'en finir avec la République islamique", en appelant M. Trump à "aider" le peuple iranien.
Des dizaines de milliers de personnes devraient manifester contre le gouvernement iranien à Munich samedi.
-Zelensky attendu-
Vendredi, lors de la première journée de cette conférence qui réunit le gotha de la défense et de la sécurité dans la capitale bavaroise, le chancelier allemand avait aussi appelé à "réparer" et "raviver" la confiance transatlantique, mise à mal par le président américain.
"A l'ère de la rivalité entre grandes puissances, même les Etats-Unis ne seront pas assez puissants pour faire cavalier seul", avait ajouté le chancelier allemand.
Arrivé vendredi à Munich, Marco Rubio s'est entretenu avec son homologue chinois Wang Yi, le chancelier allemand, et a eu un aparté avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen et son homologue groenlandais Jens-Frederik Nielsen en marge de la conférence.
Les menaces du président américain de s'emparer de cet immense territoire autonome danois avaient ébranlé l'alliance atlantique.
Samedi, M. Starmer a annoncé que le Royaume-Uni déploierait "cette année" son groupe aéronaval dans l'Atlantique Nord. La France a également annoncé récemment le déploiement d'un groupe similaire.
L'autre point fort de la journée de samedi sera l'intervention, en fin de matinée, du président ukrainien Volodymyr Zelensky, également présent à Munich.
"Nous ne savons pas si les Russes sont sérieux dans leur volonté de mettre fin à la guerre", a estimé M. Rubio samedi.
La France, qui assure la présidence tournante du G7, doit également réunir samedi les ministres des Affaires étrangères pour évoquer les grands dossiers internationaux.
A.Moore--AT