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L'ordre mondial "n'existe plus": Rubio va prendre les Européens à témoin à Munich
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, pour qui l'ordre mondial ancien "n'existe plus", doit s'exprimer samedi devant la Conférence de Munich sur la sécurité, alors qu'Européens et Américains s'accordent au moins sur une chose: le lien transatlantique bat de l'aile.
Au deuxième jour de cette conférence, qui réunit le gotha de la défense et de la sécurité dans la capitale bavaroise, le constat d'un besoin de renouveau semble partagé de part et d'autre de l'Atlantique, les Européens en particulier étant sommés de se prendre en charge.
La veille, dans un discours remarqué, le chancelier allemand Friedrich Merz avait appelé à "réparer" et "raviver" la confiance transatlantique, mise à mal par le président américain Donald Trump.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump, selon qui l'Union européenne a été construite pour "emmerder" les Etats-Unis, a l'Europe dans le collimateur. Comme en témoigne sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale, où le président américain s'est livré comme jamais à une attaque en règle contre les Européens, menacés selon lui d'un "effacement civilisationnel".
Mais "à l'ère de la rivalité entre grandes puissances, même les Etats-Unis ne seront pas assez puissants pour faire cavalier seul", a ajouté le chancelier allemand.
A la tribune de la Conférence vendredi soir, il a appelé à prendre l'Europe en "exemple" plutôt que de la "critiquer" ou de la "caricaturer", dans une réponse au discours choc prononcé il y a un an à la même tribune par le vice-président américain JD Vance.
Il a dans le même temps appelé à une "Europe forte" et prévenu que l'Europe devra "définir ses règles de coexistence" avec la Russie une fois qu'un accord de paix sera trouvé pour mettre fin à la guerre en Ukraine, afin de "limiter le risque d'escalade".
- "Se bouger" -
Parlant d'un "géant endormi", le Premier ministre britannique Keir Starmer va lui appeler samedi, également à la tribune de la Conférence, l'Europe à réduire sa "surdépendance" envers les Etats-Unis en matière d'armement grâce un renforcement de sa coopération industrielle, selon des extraits de son discours distribués à l'avance.
Arrivé vendredi à Munich, Marco Rubio s'est entretenu avec son homologue chinois Wang Yi, le chancelier allemand, et a eu un aparté avec la Première ministre danoise Mette Frederiksen et son homologue groenlandais Jens-Frederik Nielsen en marge de la conférence.
Les menaces du président américain de s'emparer de cet immense territoire autonome danois avaient ébranlé l'alliance atlantique.
Mais, a estimé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, qui s'exprimait lors du Transatlantic Forum, il y a un "changement d'état d'esprit" au sein de l'Otan et "l'Europe assume davantage un rôle de leadership au sein de l'Otan", et "prend aussi davantage soin de sa propre défense".
L'autre point fort de la journée de samedi sera l'intervention du président ukrainien Volodymyr Zelensky, également présent à Munich.
Le président américain Donald Trump l'a appelé vendredi à "se bouger" pour parvenir à un accord avec la Russie, avant un nouveau cycle de négociations la semaine prochaine à Genève.
La France, qui assure la présidence tournante du G7, doit également réunir samedi les ministres des Affaires étrangères pour évoquer les grands dossiers internationaux de l'Ukraine à la bande de Gaza et l'Iran, sur fond de renforcement militaire américain au Moyen-Orient avec le déploiement d'un deuxième porte-avions dans le Golfe.
N.Mitchell--AT