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L'opposant Alexeï Navalny a été "empoisonné" par la Russie, selon cinq pays européens
L'opposant russe Alexeï Navalny, mort en 2024 dans des circonstances troubles en prison, a été "empoisonné" avec une "toxine rare", l'épibatidine, par Moscou, accusent samedi cinq pays européens, dont le Royaume-Uni.
"Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas sont convaincus qu’Alexeï Navalny a été empoisonné avec une toxine létale", ont déclaré ces pays dans une déclaration conjointe, transmise en marge de la conférence de Munich sur la sécurité.
"Seul l'État russe avait les moyens, le mobile et l'opportunité de recourir à cette toxine mortelle pour viser Navalny pendant son emprisonnement dans une colonie pénitentiaire russe en Sibérie", ajoute le communiqué, disant tenir Moscou "pour responsable de sa mort".
Immédiatement après cette annonce, sa veuve Ioulia Navalnaïa a déclaré que son "assassinat" était désormais "prouvé par la science".
"Il y a deux ans (...) je suis venue sur scène et j'ai dit +Vladimir Poutine a tué mon mari+ (...) Et aujourd'hui ces mots sont devenus un fait prouvé par la science", a-t-elle déclaré.
Les pays européens expliquent qu'un "travail constant et collaboratif a confirmé, par des analyses de laboratoire, que la toxine mortelle présente dans la peau des grenouilles-dards d’Équateur (l’épibatidine) a été retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d’Alexeï Navalny".
Ils ajoutent que cette toxine a "très probablement entraîné sa mort".
Ces derniers ont écrit à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), pour lui signaler cet empoisonnement. Sollicité par l'AFP, l'OIAC n'avait pas répondu dans l'immédiat.
Moscou n'a jamais admis que M. Navalny ait fait l'objet d'une tentative d'assassinat ni reconnu les résultats des analyses de laboratoires européens identifiant le poison, évoquant un complot occidental.
- "Projet barbare" -
Charismatique militant anticorruption et farouche opposant à l'invasion russe de l'Ukraine lancée en 2022, Alexeï Navalny est décédé à 47 ans dans des circonstances floues dans une colonie pénitentiaire en Arctique, alors qu'il purgeait une peine de 19 ans d'emprisonnement pour des accusations qu'il dénonçait comme politiques.
Après sa mort, les autorités avaient refusé pendant plusieurs jours de remettre son corps à ses proches, ce qui a éveillé les soupçons de ses partisans. Ils avaient accusé le pouvoir de l'avoir "tué" et de chercher à maquiller son meurtre.
"Aujourd’hui, au côté de sa veuve, le Royaume-Uni met en lumière le projet barbare du Kremlin visant à faire taire sa voix", a-t-elle ajouté.
Le chef de la diplomatie française Jean-Noel Barrot s'est lui aussi exprimé sur le sujet sur le réseau social X.
"Nous savons désormais que Vladimir Poutine est prêt à utiliser l’arme bactériologique contre son propre peuple pour se maintenir au pouvoir", a-t-il dit, ajoutant que la France "rend hommage à cette figure de l’opposition, tuée pour son combat en faveur d’une Russie libre et démocratique".
Dans leur communiqué, les cinq pays se disent "préoccupés par le fait que la Russie n’a pas détruit l’ensemble de ses armes chimiques", accusant Moscou de violer la Convention sur les armes chimiques.
M. Navalny avait déjà été empoisonné par l’agent neurotoxique Novitchok en 2020 pendant qu'il était en campagne électorale en Sibérie. Ses soutiens et lui l'avaient attribué au Kremlin, qui a toujours nié.
Transféré dans le coma en Allemagne pour y être soigné, il avait choisi de rentrer en Russie et avait été incarcéré pour "extrémisme".
Ils évoquent également le décès d'une Britannique en 2018, victime collatérale de l'empoisonnement au Novitchok de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal.
Une enquête indépendante, dont les conclusions ont été rendues en décembre, a souligné la "responsabilité morale" du président Vladimir Poutine dans la mort de cette mère mère de famille de 44 ans.
M.Robinson--AT