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L'armée syrienne entre dans le camp des proches de jihadistes d'al-Hol
Les forces syriennes ont accusé les Kurdes d'avoir violé le cessez-le-feu après la mort de sept soldats dans le nord-est du pays, où elles se sont déployées et sont entrées dans le camp d'al-Hol abritant des familles de jihadistes du groupe Etat Islamique (EI).
Le pouvoir islamiste syrien avait annoncé mardi un nouveau cessez-le-feu avec les forces kurdes, poussées à se replier dans leur bastion de Hassaké et lâchées par leur allié américain.
Damas, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, a accordé un délai de quatre jours expirant samedi soir aux Kurdes syriens pour présenter un plan sur l'intégration de leur région au sein de l'Etat.
Mercredi, le ministère de la Défense a accusé les Kurdes de violer le cessez-le-feu après la la mort de sept soldats dans "une attaque de drone" imputée aux forces kurdes, qui ont démenti.
Les deux parties se sont également accusées de violer le cessez-le-feu dans la poche de Kobané, ville symbole de la victoire des Kurdes contre l'EI, où une femme a été tuée par un bombardement de l'armée, selon les Kurdes.
Ceux-ci avaient instauré une zone autonome qui couvrait le quart du territoire syrien au cours de la guerre civile (2011-2024) et leurs forces avaient défait l'EI, avec l'aide de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis.
Depuis, ces Forces démocratiques syriennes (FDS) contrôlaient les prisons où sont détenus des milliers de jihadistes, et les camps abritant leurs familles.
Mardi, les FDS ont annoncé avoir été "contraintes de se retirer" d'al-Hol, le plus grand de ces camps, pour défendre leurs régions menacées par l'armée.
Les forces de sécurité syriennes sont entrées mercredi dans cet immense camp où des tentes blanches s'étendent à perte de vue.
Le correspondant de l'AFP a vu un grand nombre de soldats ouvrir la barrière métallique et pénétrer à pied, tandis que d'autres en gardaient l'entrée.
- "Calvaire" -
Al-Hol abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d'autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.
Les Syriens et les Irakiens vivent dans le camp principal, tandis que les étrangers sont détenus dans une "annexe" isolée.
"Nous avons vécu un calvaire (...) j'espère que le nouveau gouvernement se montrera plus clément", affirme à l'AFP Oum Sadek, une Syrienne de 33 ans qui porte le niqab et dément tout lien avec l'EI.
"Je suis venu dans le camp à l'âge de 10 ans", dit Ibrahim Ibrahim, un adolescent de 18 ans originaire d'Alep (nord), qui indique vivre avec sa mère et ses frères et soeurs. "J'espère pouvoir sortir d'ici. Je ne connais rien à part ce camp. J'espère que le gouvernement va nous libérer".
Les forces kurdes contrôlent toujours Roj, un camp plus petit près de la frontière turque.
Mardi, l'émissaire américain pour la Syrie, Tom Barrack, a estimé que "la mission initiale" des FDS, la lutte contre les jihadistes, était terminée et que Damas était désormais capable de contrôler les centres de détention.
L'armée américaine a annoncé mercredi mener des opérations de transfert de prisonniers de l'EI de Syrie vers l'Irak voisin: 150 l'ont déjà été et jusqu'à 7.000 détenus pourraient être transférés au total, afin de "garantir que les terroristes restent dans des prisons sécurisées".
- Evasion -
L'accord entre Damas et les forces kurdes prévoit que l'Etat syrien devienne "responsable" des prisonniers de l'EI et que l'administration kurde chargée de ce dossier soit "intégrée aux institutions étatiques".
Dans la province de Raqa, les forces de sécurité sont déployées mercredi autour de la prison d'Al Aqtan, toujours sous contrôle des forces kurdes, selon un correspondant de l'AFP.
Des centaines de proches de prisonniers syriens étaient massés devant.
"Mon fils est emprisonné depuis dix mois, les FDS l'ont arrêté et accusé de terrorisme", dit Hilal Hamadé al-Cheikh. "On veut savoir si les détenus sont morts ou vivants".
Lundi, les forces kurdes ont affirmé qu'une autre prison, Chaddadi, avait été "attaquée" par les troupes gouvernementales. Celles-ci ont en retour accusé les FDS d'avoir libéré des détenus de l'EI.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi que 120 membres de l'EI s'en étaient évadés et dit avoir réussi à "arrêter 81 fugitifs".
Donald Trump a lui soutenu qu'il avait "arrêté une évasion" de "terroristes européens" de cette prison, "en collaboration" avec les autorités syriennes.
"Ils ont capturé tous les prisonniers et les ont renvoyés en prison", a-t-il affirmé.
J.Gomez--AT