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A Varsovie, Peter Magyar vante la voie européenne de la Pologne
Le Premier ministre hongrois Peter Magyar a clamé mercredi à Varsovie sa volonté de rapprochement avec la Pologne, dont l'expérience sera précieuse à Budapest pour restaurer ses liens avec l'UE, mis à mal par son prédécesseur Viktor Orban.
La Pologne et la Hongrie défendront désormais ensemble à Bruxelles leurs intérêts communs, a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk en accueillant son homologue à Varsovie au deuxième jour de sa visite officielle entamée la veille à Cracovie, la deuxième ville du pays.
M. Tusk a salué dans la victoire électorale de M. Magyar non seulement "le retour de ce pays en Europe, vers des standards élevés, vers l'honnêteté, vers une véritable démocratie", mais aussi la fin d'une "période dramatique pour les relations polono-hongroises".
Les relations entre les deux capitales étaient exécrables depuis les législatives polonaises de 2023 qui ont permis la formation d'un exécutif centriste et pro-européen dirigé par Donald Tusk, fervent allié de Kiev et ancien président du Conseil européen.
Désormais, "par notre travail au quotidien, nous montrerons que la Hongrie et la Pologne ne font qu'un (...), elles travailleront ensemble à Bruxelles sur les questions géopolitiques et pour défendre nos différents intérêts communs, car nous n'avons pratiquement que des intérêts communs", a souligné M. Tusk lors d'une conférence de presse commune.
La Hongrie "compte beaucoup sur l'expérience du Premier ministre, de la Pologne", a insisté M. Magyar, notamment sur "des questions liées à l'État de droit, au rapatriement des fonds de l'Union européenne et à leur utilisation efficace, ainsi qu'à la lutte contre la corruption".
"La Hongrie sera un partenaire de la Pologne dans tous les domaines", a souligné M. Magyar.
- Fonds UE gelés -
S'agissant des relations entre Budapest et Bruxelles, Peter Magyar compte entre autre sur le soutien de son homologue polonais pour tenter de récupérer les milliards d'euros gelés en raison des atteintes à l'Etat de droit reprochées au gouvernement Orban.
L'actuel commissaire européen au Budget, Piotr Serafin, fut chef de cabinet de Donald Tusk lorsqu'il était président du Conseil européen (2014-2019).
Une délégation de la Commission européenne est attendue à Budapest cette semaine et M. Magyar espère conclure un accord avec sa présidente, Ursula von der Leyen, à l'occasion d'un déplacement à Bruxelles dans la semaine du 25 mai.
- Coopération régionale élargie -
M. Tusk a promis à la Hongrie son aide à une éventuelle diversification de l'approvisionnement en ressources énergétiques, un domaine où Budapest reste très dépendant de la Russie.
Les deux chefs de gouvernement souhaitent aussi bâtir désormais une large coopération régionale centre-européenne, avec une reprise du format dit de Visegrad, avec la Slovaquie et la République tchèque.
Ce format pourrait être élargi "que ce soit avec nos amis scandinaves, avec l'Autriche, la Croatie, la Slovénie, la Roumanie ou encore avec les pays des Balkans occidentaux qui n'ont pas encore rejoint l'Union européenne", a indiqué M. Magyar.
Contrairement à Viktor Orban, proche de Moscou, M. Magyar a réitéré sa reconnaissance du plein droit de l'Ukraine à se défendre contre les attaques russes.
"L'Ukraine est la victime, et elle a pleinement le droit de défendre sa souveraineté territoriale et son intégrité par tous les moyens à sa disposition", a-t-il insisté, disant espérer "ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre la Hongrie et l'Ukraine".
Arrivé mardi en Pologne, M. Magyar a rencontré à Cracovie l'archevêque Grzegorz Rys. A Varsovie, outre la rencontre avec Donald Tusk, il a été reçu par le président nationaliste Karol Nawrocki, qui s'était rendu à Budapest pour soutenir Viktor Orban pendant la campagne électorale.
Dans l'après-midi, M. Magyar s'est rendu à Gdansk, le grand port polonais sur la mer Baltique, où une rencontre avec le prix Nobel de la Paix Lech Walesa, artisan de l'effondrement du communisme dans les années 1980, est prévue.
L.Adams--AT