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L'Iran examine une offre américaine, situation "sur le fil" pour Trump
L'Iran a annoncé mercredi soir examiner une nouvelle proposition de paix américaine via le médiateur pakistanais, Donald Trump avertissant que la situation était "sur le fil", entre un accord ou une reprise des hostilités.
"Nous avons reçu les points de vue de la partie américaine et nous les examinons actuellement", a déclaré à la télévision d'Etat le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien Esmaïl Baghaï, faisant toutefois part d'une "grande méfiance" vis-à-vis des Etats-Unis.
Il a réitéré au passage les exigences de la République islamique: "dégel des avoirs iraniens bloqués" à l'étranger et fin du blocus américain des ports iraniens.
Ces propos interviennent après une deuxième visite en quelques jours à Téhéran du ministre pakistanais de l'Intérieur, Mohsen Naqvi, pays médiateur dans ce conflit.
Côté américain, Donald Trump a laissé la porte ouverte à la diplomatie en affirmant "ne pas être pressé".
"Nous verrons bien ce qui va se passer. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous prendrons des mesures un peu plus sévères. Mais j'espère que cela n'arrivera pas", a déclaré le président américain aux journalistes, depuis Joint Base Andrews, près de Washington.
"C'est sur le fil, croyez-moi. Si nous n'obtenons pas les bonnes réponses, cela peut aller très vite. Nous sommes tous prêts à agir. Il faut obtenir les bonnes réponses. Elles devront être entièrement, à 100 %, satisfaisantes. "
Le milliardaire a ajouté qu'un accord avec l'Iran permettrait d'économiser " beaucoup de temps, d'énergie et de vies", estimant qu'il pourrait être conclu " très rapidement, ou d'ici quelques jours".
L'espoir d'avancées dans les négociations a fait chuter les cours du pétrole: le baril de Brent a lâché 5,63% à 105,02 dollars. En réaction, les places boursières européennes ont terminé en nette hausse et à Wall Street l'indice Dow Jones a pris 1,31%.
- "Bien au-delà de la région" -
Mardi, Donald Trump avait dit donner à Téhéran "deux ou trois jours" pour conclure un accord. Un ultimatum balayé par le pouvoir iranien.
"L'Iran ne cèdera jamais à l'intimidation" et doit "renforcer ses préparatifs afin d'apporter une réponse musclée à toute nouvelle attaque", a averti le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, estimant que l'ennemi n'avait "pas renoncé à ses objectifs militaires et cherchait à déclencher une nouvelle guerre".
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, ont eux menacé d'étendre la guerre "bien au-delà de la région".
Depuis l'entrée en vigueur d'une fragile trêve le 8 avril après plus d'un mois de guerre, les discussions piétinent, les deux pays campant sur leurs positions et multipliant les invectives.
Une seule vraie séance de négociations, infructueuse, s'est tenue le 11 avril au Pakistan et désormais les tractations se poursuivent en coulisses.
Le conflit, déclenché par une attaque israélo-américaine contre Téhéran le 28 février, a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, où le Hezbollah pro-iranien a attaqué Israël, qui a ensuite envahi le sud du pays.
Il a aussi gravement perturbé l'économie mondiale, entre bond des cours du pétrole et pénuries rampantes de matières premières, en raison du quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran.
- "Saisir l'occasion" -
Dans le Golfe, durement éprouvé par la guerre, Ryad a mis de son côté la pression sur l'Iran. Se félicitant que Donald Trump "donne une chance à la diplomatie", son ministre des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, a exhorté Téhéran à saisir l'occasion d'éviter "une escalade".
En représailles aux frappes sur son sol, Téhéran a mené des attaques à travers la région, ciblant en particulier les riches pétromonarchies du Golfe alliées de Washington.
Et en Israël, l'armée a déclenché le niveau d'alerte maximal, se disant "préparée à tout développement".
Enjeu majeur de la guerre, le détroit d'Ormuz, par où transitait auparavant un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde, reste sous le contrôle de Téhéran, qui a officialisé en début de semaine la création d'un organisme chargé de superviser cette voie maritime et de faire payer des droits de passage.
Quelque 26 navires l'ont franchi en 24 heures, a annoncé la marine des Gardiens de la Révolution, dont un pétrolier sud-coréen "en coordination avec l'Iran", pour la toute première fois depuis le début du conflit, selon Séoul.
De son côté, l'armée américaine a annoncé avoir arraisonné un pétrolier battant pavillon iranien, soupçonné d'avoir tenté de violer le blocus américain des ports iraniens.
D.Lopez--AT