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Poutine à Pékin: l'essentiel de son sommet avec Xi
Quel bilan pour la rencontre entre Vladimir Poutine et Xi Jinping? Le président russe est à Pékin mercredi, quelques jours seulement après le départ de Donald Trump, pour raffermir ses liens avec son homologue chinois.
Voici les points clés à retenir de leurs échanges.
- Faire mieux que Trump -
Signe de leur complicité, MM. Xi et Poutine se sont rencontrés une quarantaine de fois comme présidents.
Ils tenaient encore à montrer mercredi que la visite de Donald Trump à Pékin la semaine dernière n'avait en rien affecté leurs liens.
Le chef du Kremlin a qualifié le niveau de la relation sino-russe de "sans précédent" et M. Xi l'a dite "inébranlable".
Aucun des deux n'a explicitement mentionné les Etats-Unis. Mais le président chinois a lancé une pique indirecte à Washington en dénonçant les courants "hégémoniques" sur la scène internationale.
Là où Donald Trump avait quitté Pékin avec peu d'annonces concrètes, Xi Jinping et Vladimir Poutine ont signé une série d'accords sur le commerce, les médias et l'énergie.
M. Poutine a invité M. Xi à se rendre en Russie en 2027. Il a confirmé sa présence en novembre en Chine pour le sommet de l'Apec (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique) - auquel le président américain pourrait également participer.
- Iran -
Xi Jinping a déclaré à Vladimir Poutine que le Moyen-Orient est à un "moment charnière" et a appelé à une fin rapide du conflit, notamment pour garantir les approvisionnements énergétiques.
"Une reprise des hostilités serait inopportune et poursuivre les négociations est plus essentiel que jamais", a-t-il souligné.
Pékin et Moscou ont insisté sur la nécessité de dialogue entre les parties prenantes, selon un communiqué conjoint publié par le Kremlin.
Le détroit d'Ormuz, par où transite une grande partie des hydrocarbures destinés à la Chine, est toutefois source de divergences.
Pékin souhaite un retour rapide des flux commerciaux. Moscou pourrait voir dans la crise une occasion de promouvoir ses propres ressources énergétiques comme alternative.
Vladimir Poutine a qualifié le secteur énergétique de "locomotive de la coopération économique" bilatérale, ajoutant que la Russie resterait un "fournisseur fiable" pour la Chine dans le contexte de la guerre.
- Gazoduc -
La Chine est le premier acheteur de pétrole brut russe et le deuxième de gaz acheminé par pipeline.
Les experts s'attendaient à ce que M. Poutine profite du sommet pour renforcer encore ce lien et promouvoir le projet de gazoduc "Force de Sibérie 2". Il relierait les plus grosses réserves de gaz naturel russes dans le nord de la Sibérie et la Chine.
Il ouvrirait un débouché pour les hydrocarbures russes, délaissés par l'Europe après l'invasion de l'Ukraine. Mais sa réalisation traîne en longueur.
La Chine est soucieuse de diversifier ses approvisionnements. La crise iranienne met en lumière la vulnérabilité des acheminements en provenance du Golfe. Plus de la moitié de ses importations de brut transporté par voie maritime provient du Moyen-Orient, selon la société d'analyse Kpler.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité mercredi par les agences russes, a fait état d'un "assez grand progrès" sur "Force de Sibérie 2".
Moscou et Pékin ont partagé mercredi "une compréhension des principaux paramètres", notamment concernant son tracé, mais "il reste à s'entendre sur certains détails" et aucun "délai de mise en oeuvre" n'a été évoqué, a-t-il dit.
- Ukraine -
Les Occidentaux pressent Pékin d'user de son influence sur Moscou pour mettre fin au conflit. Ils lui reprochent d'alimenter la machine de guerre russe avec ses achats d'hydrocarbures. Ils l'accusent de fournir à la Russie des composants à double usage potentiel civil et militaire.
La Chine s'en défend et proclame sa neutralité tout en appelant à la fin du conflit. Elle n'a jamais condamné l'invasion de l'Ukraine.
Les experts jugeaient peu probable que M. Xi fasse pression sur M. Poutine.
Russie et Chine sont "convaincues de la nécessité d'éliminer totalement les causes profondes de la crise ukrainienne" sur la base de la Charte des Nations Unies, dit la déclaration commune publiée par le Kremlin.
Elles préconisent de "continuer à rechercher une solution par la voie du dialogue et des négociations". "La partie russe évalue positivement la position objective et impartiale de la partie chinoise", indique-t-elle.
T.Perez--AT