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Tuer des loups dans les réserves naturelles ? Les ONG vent debout
Un amendement déposé dans le cadre de l'examen du projet de loi d'urgence agricole permettant de tuer des loups dans les réserves naturelles suscite l'indignation d'ONG et de plusieurs organismes chargés de la protection de la nature, qui réclament son retrait.
Les députés ont entamé mardi les deux semaines d'examen prévues pour le projet de loi d'urgence agricole, réponse du gouvernement à la colère du secteur l'hiver dernier.
Outre les dispositions concernant l'eau et les pesticides, le texte contient plusieurs mesures traduisant dans le droit français le déclassement par l'UE de la protection du loup, passant de "stricte" à "simple".
Alors que le quota annuel d'abattage de loups a déjà été augmenté, de 19 à 21% des effectifs, le texte prévoit aussi d'assouplir les conditions de tirs de défense pour les éleveurs, qui se plaignent de la prédation lupine sur les troupeaux bovins et ovins.
Mais un amendement déposé fin avril par Xavier Roseren (groupe Horizons et indépendants) veut aller encore plus loin: il dit notamment que "les tirs d’effarouchement et de défense ne peuvent être interdits dans les espaces protégés (...) à l’exception des cœurs de parcs nationaux".
Pour le WWF, France nature environnement (FNE), la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) mais aussi les parcs nationaux de France et les Conservatoires d'espaces naturels, ce texte s'il était adopté constituerait une "atteinte directe à la vocation de ces espaces protégés, désignés comme des zones de protection forte", où "la priorité est donnée à la conservation de la faune, de la flore et des processus écologiques".
"Tirer des loups dans ces espaces (...) reviendrait à perturber les équilibres écologiques que l’on prétend protéger et ainsi dénaturer leur raison d’être" et "créerait également un précédent dangereux ouvrant la voie à la banalisation des interventions létales dans les aires protégées" et fragilisant "la crédibilité des politiques de conservation", estiment ces organismes dans une note.
De plus, il est "incompréhensible de faire une distinction entre cœurs de parcs nationaux et réserves naturelles nationales, deux outils similaires ayant le plus haut statut de protection en France", est-il ajouté.
Par ailleurs, l'adoption d'un tel amendement reviendrait à remettre en cause les discours portés par la France et le président Macron au niveau international, estiment les signataires de la note.
A la suite de la COP15 Biodiversité, la France s'est donnée pour objectif de protéger 30% de son territoire national, terrestre et marin, dont 10% en protection forte d'ici à 2030.
Enfin, cela serait "une fausse bonne solution pour les éleveurs", en privilégiant les tirs, qui dispersent les loups et les rendent plus susceptibles, du fait qu'ils sont isolés, d'attaquer les proies faciles que sont les troupeaux. Ce au détriment de la prévention qui "a montré (sa) pertinence" dans les réserves nationales où la prédation sur les troupeaux est rare.
W.Stewart--AT