Arizona Tribune - L'Australie lance un long travail sur les causes de l'attentat de Bondi

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L'Australie lance un long travail sur les causes de l'attentat de Bondi
L'Australie lance un long travail sur les causes de l'attentat de Bondi / Photo: Saeed KHAN - AFP

L'Australie lance un long travail sur les causes de l'attentat de Bondi

Près de cinq mois après l'attentat perpétré contre une fête juive sur la plage de Bondi, l'Australie a entamé lundi un travail d'introspection, avec une série d'audiences publiques qui se sont ouvertes avec la question de l'antisémitisme.

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Sous pression face à l'attaque la plus meurtrière sur le sol australien depuis trois décennies, le gouvernement a fini par accepter de convoquer une commission royale fédérale, la plus haute instance d'enquête possible et la première de ce type depuis 2022.

Elle doit se pencher sur les facteurs qui ont conduit au drame du 14 décembre, quand un père et son fils ont ouvert le feu pendant une dizaine de minutes sur une foule rassemblée sur la plage la plus connue d'Australie pour célébrer la fête juive de Hanouka, faisant 15 morts.

L'assaillant Sajid Akram a été tué par la police tandis que son fils Naveed, 24 ans, est détenu et poursuivi pour des crimes terroristes.

"La forte recrudescence de l'antisémitisme à laquelle nous avons assisté en Australie se retrouve dans d'autres pays occidentaux et semble clairement liée aux événements au Moyen-Orient", a déclaré la juge à la retraite Virginia Bell, qui préside la commission, dans son discours d'ouverture.

"Il est important que les gens comprennent à quel point ces événements peuvent rapidement donner lieu à de violentes manifestations d'hostilité envers les Australiens juifs, simplement parce qu'ils sont juifs", a-t-elle ajouté.

- "Eté de terreur" -

Sheina Gutnick, dont le père Reuven Morrison a été tué dans l'attaque de Bondi, a expliqué devant la commission avoir constaté une montée de l'antisémitisme à partir de 2023 avec le début de la guerre à Gaza, menée par Israël à la suite de l'attaque sanglante du Hamas.

"L'antisémitisme a pu s'afficher au grand jour", a déclaré cette femme dont les parents, réfugiés, s'étaient rencontrés à Bondi Beach.

La commission d'enquête a reçu des milliers de témoignages en ce sens, selon Zelie Hegen, avocate qui participe aux travaux.

Elle a notamment évoqué des chants antisémites lors d'une manifestation contre la guerre à Gaza près de l'opéra de Sydney en octobre 2023, peu après l'attaque du 7-Octobre.

Selon elle, un "été de terreur" a suivi, marqué par une série d'incendies criminels et de graffitis contre des synagogues et des commerces juifs à Sydney et à Melbourne.

Les associations de la communauté juive ont recensé 2.062 incidents antisémites au cours de l'année suivante.

- "Esprit australien" -

Une femme travaillant dans la protection de la communauté juive a raconté avoir dû mettre en sécurité des personnes dans une synagogue de Melbourne en novembre 2023, à l'occasion de commémorations des pogroms de la Nuit de Cristal de 1938, lorsqu'une "foule" d'une trentaine de personnes vêtues de noir et le visage masqué a fait son apparition.

Une femme juive, petite-fille de survivants de l'Holocauste, a exprimé son choc d'avoir vu des drapeaux israéliens brûlés à l'iconique Opéra de Sydney: "C'était tellement contraire à l'esprit australien."

Après deux semaines consacrées à l'antisémitisme, la commission tiendra d'autres séries d'audiences sur d'autres sujets comme la sécurité.

Cette phase a été précédée par la publication jeudi d'un rapport préliminaire recommandant la refonte des unités de lutte contre le terrorisme ainsi qu'un renforcement des dispositifs de sécurité lors des célébrations juives.

Le document a aussi révélé qu'une organisation juive avait averti la police du risque d'attaque terroriste moins d'une semaine avant l'attentat de Bondi.

Après le drame, le Parlement avait durci en janvier sa législation sur les crimes motivés par la haine et les armes à feu.

Selon les autorités, l'attentat était inspiré par l'idéologie du groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais les deux assaillaint n'ont pas reçu d'aide extérieure et ne faisaient pas partie d'une organisation terroriste.

E.Flores--AT