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Teknival: les départs s'accélèrent, le gouvernement veut "mieux réprimer"
Nombre de participants au Teknival de Bourges ont quitté dimanche le terrain militaire investi depuis vendredi, systématiquement verbalisés par les gendarmes conformément aux ordres du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, déterminé à "mieux réprimer" ces "rassemblements musicaux illégaux".
Dimanche en début d'après-midi, plusieurs scènes étaient vides, même si des concerts étaient encore annoncés en soirée, et beaucoup de festivaliers se dirigeaient vers les villages environnants, à pied ou à bord de leurs véhicules, sous un ciel menaçant, a constaté un journaliste de l'AFP.
Tous étaient contrôlés à l'un des 14 points établis par les gendarmes depuis le début de l'événement, qui a réuni jusqu'à 17.000 participants, voire 40.000 selon une source proche des organisateurs.
"On s'y attendait quand même", explique "Caro" sous couvert d'anonymat, mais "ils ne sont pas méchants, ils sont cools."
"A partir du moment où sait qu'on a rien à se reprocher, il n'y a pas mort d'homme. Donc 300 balles, c'est le jeu on va dire", lâche Sam, un autre teufeur philosophe.
- Revendication et "Ripost" -
Comme les organisateurs, beaucoup de participants ont dit vouloir protester contre l'arsenal législatif visant à renforcer la pénalisation des rave-parties non déclarées ou interdites.
Des rassemblements sont prévus les 30 mai, 6 et 13 juin dans plusieurs villes dont Paris, pour dénoncer contre la proposition de loi 1133 - adoptée à l'Assemblée mais pas encore examinée au Sénat. Ce texte prévoit une peine de six mois d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende pour sanctionner toute contribution "de manière directe ou indirecte à la préparation, à la mise en place ou au bon déroulement" d'une rave-party non déclarée ou interdite.
La revendication du Teknival de Bourges "ne fera que renforcer la détermination du gouvernement à mieux réprimer ce type d'organisation sauvage, que nos concitoyens ne comprennent pas", a réagi Laurent Nuñez après avoir visité le dispositif mis en place par les autorités.
"Ca ne fait que renforcer ma conviction de continuer à porter le projet de loi qui s'appelle +Ripost+", a-t-il ajouté.
Présenté fin mars en conseil des ministres, ce projet, qui va dans le sens de la proposition de loi 1133, ferait de l'organisation d'une rave party non déclarée un délit puni de 2 ans de prison et 30.000 euros d'amende. Un délit de participation à ces événements serait en outre créé.
- Deux obus découverts -
La préfecture du Cher avait alerté depuis le début de l'événement sur le danger lié à la présence de munitions non explosées dans certaines zones de cet immense champ de tir de la direction générale de l'armement (DGA), utilisé depuis plus d'un siècle. Deux obus ont été découverts au cours du week-end à proximité du rassemblement, nécessitant l'intervention des démineurs de la DGA, selon les autorités.
"On n'a même pas le droit d’aller y promener le chien et, eux, ils vont faire la fête et prendre le risque de tout faire péter", s'agace Alain, un riverain rencontré par l'AFP.
"Ce sont des jeunes qui ont envie de s'amuser gratuitement, les maisons sont éloignées quand même, donc ils ne font rien de mal", tempère une retraitée.
A Bengy-sur-Craon, le maire Denis Durand déplore "des bouchons pendant huit heures de suite" et que les "festivaliers fassent leurs besoins un peu partout", même s'il reconnaît que la plupart "se sont montrés sympathiques".
Les déchets générés par cette foule sont au coeur des préoccupations des élus. "On redoute un peu le départ des festivaliers et ce que l'on va retrouver derrière", a expliqué à l'AFP Alain Blanchard le maire d'Avord, où se trouve l'une des gares les plus proches du site.
"On fait très attention à l'état dans lequel on laisse les lieux", répond Arthur, jeune venu de région parisienne, "on ramasse les déchets et on essaie de ne rien abîmer."
Une benne à ordures est présente sur le site et des pauses sont organisées dans la journée pour le nettoyage, selon des festivaliers.
Selon M. Nuñez, 337 "rassemblements musicaux illégaux" ont été recensés en 2025, avec en moyenne 300 personnes. Seulement 4% ont dépassé le millier de participants.
ave-ban-alc-fan/gf/rl
F.Wilson--AT