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Philippines: la vice-présidente Sara Duterte se déclare candidate à la présidentielle de 2028
La vice-présidente philippine Sara Duterte s'est déclarée mercredi candidate à l'élection présidentielle de 2028 dans l'archipel, malgré les menaces de destitution planant sur elle.
"J'offre ma vie, ma force et mon avenir au service de notre nation", a-t-elle lancé en conférence de presse, tout en critiquant le bilan de l'actuel chef de l'Etat, Ferdinand Marcos Jr.
"Je suis Sara Duterte, et je suis candidate à la présidence des Philippines", a-t-elle dit.
Visée début février par une troisième plainte en destitution en un peu plus d'une semaine, elle ne pourrait cependant pas concourir en cas de condamnation.
L'an dernier, une autre plainte avait abouti à la mise en accusation de Mme Duterte par la Chambre des représentants, mais la Cour suprême avait annulé la décision pour des questions de procédure.
Pressentie pour succéder à son père Rodrigo Duterte lors de la présidentielle de 2022, elle s'était alors retirée en faveur de Ferdinand Marcos Jr., à qui elle s'est alliée avant d'être élue à la vice-présidence.
L'union entre les deux dynasties rivales a toutefois vite implosé et laissé la place à des affrontements publics récurrents.
"Dans les premiers mois de nos mandats, j'ai déjà constaté le manque de sincérité de Bongbong Marcos Jr. quant aux promesses faites pendant la campagne, ainsi que vis-à-vis de son devoir envers la nation", a affirmé la vice‑présidente, en utilisant le surnom de M. Marcos Jr.
En novembre 2024, au cours d'une conférence de presse, Mme Duterte avait dit avoir donné l'ordre de tuer le chef de l'Etat si elle était elle-même tuée. Elle a, par la suite, nié avoir proféré une menace de mort, décrivant ses propos comme l'expression de sa "consternation" face à des échecs du président philippin.
- "Gros risque" -
Selon Michael Henry Yusingco, chercheur à l'Ateneo Policy Center, Sara Duterte prend un "gros risque" en annonçant son départ en campagne, même si les "sondages sont en sa faveur".
Cependant, l'administration du président Marcos Jr, qui ne peut pas se représenter en raison de la limite constitutionnelle d'un seul mandat, "va probablement pousser à sa destitution en coulisses", ajoute l'expert auprès de l'AFP.
En vertu de la Constitution philippine, l'adoption d'une plainte en destitution à la Chambre des représentants déclenche un procès au Sénat, qui a ensuite la possibilité de démettre le responsable menacé.
Les partisans de Mme Duterte croient généralement que M. Marcos Jr. a orchestré l'arrestation de son père, l'ex-président Rodrigo Duterte (2016-2022), et son transfert ultérieur à la Cour pénale internationale (CPI) aux Pays-Bas pour répondre d'accusations liées aux homicides commis lors d'une répression brutale contre la drogue.
L'annonce de mercredi intervient par ailleurs quelques jours avant le début de l'audience préliminaire de M. Duterte à la Haye.
Quant au président Marcos Jr., il a récemment échappé à des plaintes en destitution, rejetées par la commission de justice de la chambre basse, qui a dit manquer d'éléments.
Il reste néanmoins fragilisé par un vaste scandale de corruption, toujours en cours, autour des projets dits "fantômes" de lutte contre les inondations qui auraient coûté des milliards de dollars au contribuable.
T.Sanchez--AT