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Le Pérou élit un nouveau président par intérim à deux mois de la présidentielle
Le Pérou élit mercredi un nouveau président par intérim, dans un contexte d'instabilité politique chronique, après la destitution éclair de José Jeri à deux mois de la présidentielle.
Les parlementaires choisiront le nouveau président du Parlement, appelé à diriger le pays jusqu'à l'entrée en fonctions du prochain chef de l'État le 28 juillet, comme l'avait fait José Jeri après la destitution de Dina Boluarte en octobre.
Prévu à partir de 18H00 (23H00 GMT), le vote mettra fin à une vacance du pouvoir de plus de 24 heures, inédite dans l'histoire récente du pays.
Quatre personnes, José Balcazar, Hector Acuna, Edgar Reymundo et Maria del Carmen Alva se sont portées candidates mardi. Ancienne présidente du Parlement en 2021 et actuelle porte-parole parlementaire, cette dernière, membre du parti centriste Accion Popular, apparaît comme l'une des principales prétendantes.
L'ancien président intérimaire de droite a été destitué après un peu plus de quatre mois au pouvoir, lors d'un vote du Parlement réuni en session extraordinaire, par 75 voix pour, 24 contre et trois abstentions, bien au-delà du seuil requis de 58 votes.
Cette destitution, la dernière en date, illustre une instabilité institutionnelle chronique depuis 2016, caractérisée par un Parlement dominant face à un exécutif fragilisé.
Parmi les sept derniers présidents du pays andin, quatre ont été destitués par le Parlement et deux ont démissionné avant de subir le même sort. Un seul a mené à terme son mandat intérimaire.
Paula Jimenez, vendeuse à Lima de 22 ans, juge auprès de l'AFP cette nouvelle crise politique "secondaire" face à l'insécurité croissante dans le pays, et accuse le Parlement de se focaliser sur des querelles internes plutôt que sur les préoccupations des Péruviens.
- "véritable leader" -
"Au Pérou, on change constamment de président, ça crée une forte instabilité", juge Edgardo Torres, un ingénieur industriel de 29 ans de la capitale, estimant que le pays a besoin "d'un véritable leader".
José Jeri était visé par plusieurs demandes de destitution déposées par la minorité de gauche et un bloc de partis de droite, qui l'accusaient d'"inconduite fonctionnelle" et "manque d'aptitude" à exercer ses fonctions.
Le parquet a ouvert depuis janvier deux enquêtes préliminaires pour "trafic d'influence" visant l'ancien président par intérim de 39 ans, des procédures qui ont contribué à précipiter sa chute.
La première concerne une rencontre secrète avec un homme d'affaires chinois lié à des contrats avec l'État. La seconde, ouverte vendredi, porte sur son intervention présumée dans le recrutement de neuf femmes au sein de son gouvernement.
"Je n'ai commis aucun délit. J'ai toute la légitimité morale nécessaire pour exercer la présidence de la République", s'était défendu dimanche José Jeri lors d'un entretien télévisé.
Pour le politologue Fernando Tuesta, de l'Université catholique pontificale du Pérou (PUCP), "personne ne bénéficie directement" de cette crise dans la campagne électorale, "même si les partis qui ont soutenu José Jeri "pourraient en payer le prix".
En tête des sondages, le candidat de Renovacion Popular Rafael Lopez Aliaga avait appelé à la démission de José Jeri, affirmant que celui-ci était "l'opérateur de dizaines de groupes chinois" au palais présidentiel.
Des élections présidentielle et législatives sont prévues le 12 avril, avec un nombre record de plus de 30 candidats en lice pour la magistrature suprême.
G.P.Martin--AT