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Ghislaine Maxwell, la complice d'Epstein, exige une grâce de Trump pour répondre aux questions du Congrès
La complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, a sans surprise refusé lundi de répondre aux questions d'une commission de la Chambre des représentants américaine mais s'est dite prête à le faire en échange d'une grâce du président Donald Trump.
"Comme prévu, Ghislaine Maxwell a invoqué le Cinquième amendement et refusé de répondre à toute question", a déclaré le président républicain de cette commission, James Comer, à l'issue d'une brève audition à huis clos, en visioconférence de sa prison au Texas (sud).
"Nous avions beaucoup de questions à poser sur les crimes qu'elle et Epstein ont commis, ainsi que sur d'éventuels complices", a-t-il rappelé, qualifiant cette décision de "très décevante".
Cette audition intervient en pleine tempête provoquée par la publication le 30 janvier de masses de documents du dossier Epstein.
Ces "plus de trois millions de pages" publiées par le ministère de la Justice ne contiennent pas d'élément nouveau pouvant aboutir à des poursuites supplémentaires, avait prévenu son numéro 2, Todd Blanche.
L'administration Trump s'est ainsi acquittée de son obligation, imposée par une loi adoptée en décembre par le Congrès, de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif, avait affirmé M. Blanche, ancien avocat personnel de Donald Trump.
Bien que la simple mention du nom d'une personne dans le dossier ne suppose aucun acte répréhensible a priori de sa part, de nombreuses personnalités redoutent l'onde de choc des révélations sur leurs liens passés avec le criminel sexuel.
- "Trump et Clinton innocents" -
Les avocats de Ghislaine Maxwell, 64 ans, engagée dans d'ultimes recours contre sa condamnation en 2022 à 20 ans de prison pour exploitation sexuelle, avaient prévenu qu'elle invoquerait son droit à ne pas s'auto-incriminer, garanti par le Cinquième amendement de la Constitution américaine. Ils avaient initialement exigé en échange de son témoignage une immunité pénale, que la commission parlementaire lui avait refusée.
A présent, elle "est prête à parler complètement et honnêtement si elle obtient une grâce du président Donald Trump", selon le texte de la déclaration de son avocat, David Markus, devant la commission, publié par ce dernier.
Elle serait notamment prête à témoigner que "le président Trump et le président Clinton sont innocents de tout méfait. Seule Mme Maxwell peut expliquer pourquoi et l'opinion publique a droit à cette explication", ajoute l'avocat.
Donald Trump et Bill Clinton ont tous deux entretenu des liens avec Jeffrey Epstein mais assurent avoir rompu avec lui bien avant sa mort en prison à New York en 2019 et n'avoir pas eu connaissance de ses crimes sexuels.
Ghislaine Maxwell tente ainsi d'envoyer le message "que son silence peut être acheté par une grâce", a estimé l'élue démocrate Melanie Stansbury.
"Il est très clair que c'est le message qu'elle essaye d'envoyer directement à Donald Trump lui-même", a-t-elle insisté.
Lors de cette brève audition, Ghislaine Maxwell "n'a de nouveau exprimé aucun regret. Elle était très mécanique, ne montrant aucun remords à invoquer le Cinquième amendement", a affirmé l'élu démocrate Suhas Subramanyam.
La même commission a convoqué pour être auditionnés séparément à la fin du mois Bill Clinton et son épouse Hillary, ancienne secrétaire d'Etat, sur les liens qu'a entretenus Bill Clinton avec Jeffrey Epstein.
Les époux Clinton ont exigé des auditions publiques, disant vouloir éviter une instrumentalisation de leurs propos par les républicains.
L'élu démocrate Ro Khanna, un des coauteurs de la loi de transparence sur l'affaire Epstein avec le républicain Thomas Massie, a par ailleurs indiqué lundi qu'il se rendrait dans l'après-midi avec son collègue au ministère de la Justice pour consulter les documents non publiés.
Todd Blanche était allé fin juillet, dans une démarche hautement inhabituelle, en Floride (sud-est) où Ghislaine Maxwell purgeait sa peine pour l'interroger pendant une journée et demie.
Peu après, elle a été transférée dans une prison au régime de sécurité moins strict au Texas, provoquant l'indignation des victimes et de leurs proches.
Dans la retranscription de cet entretien publiée en août par le ministère, Ghislaine Maxwell dit ne pas croire au suicide en prison de Jeffrey Epstein.
Une partie des Américains et des figures de la droite radicale pensent que le financier aurait été assassiné pour étouffer de possibles révélations sur des personnalités qui auraient bénéficié de son réseau d'exploitation sexuelle de jeunes filles.
W.Morales--AT