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Affaire Epstein/Mandelson: Starmer exclut de démissionner, "se concentre sur son travail"
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, sous pression croissante après la démission de deux de ses proches à la suite du scandale Epstein-Mandelson, exclut à ce stade de démissionner, a assuré lundi un porte-parole de Downing Street.
Le dirigeant travailliste, déjà impopulaire, fait face à une crise de confiance et d'autorité inédite pour avoir nommé en 2024 Peter Mandelson ambassadeur aux Etats-Unis alors qu'il avait connaissance de ses liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019.
Lundi, son directeur de la communication Tim Allan a annoncé quitter ses fonctions afin de permettre "la constitution d'une nouvelle équipe" à Downing Street. Une annonce qui intervient au lendemain de la démission de son directeur du cabinet, Morgan McSweeney.
Alors que les appels à la démission se font entendre depuis plusieurs jours, principalement de l'opposition conservatrice mais aussi de quelques députés travaillistes, un porte-parole de Downing Street a réitéré lundi que le chef du gouvernement n'en avait pas l'intention.
Keir Starmer "se concentre sur son travail" et s'est montré "optimiste, confiant" dans une intervention devant son équipe lundi matin, a indiqué le porte-parole.
C'est dans ce contexte que M. Starmer doit à nouveau s'exprimer en fin de journée devant le groupe parlementaire travailliste.
La cheffe de l'opposition conservatrice Kemi Badenoch a quant à elle maintenu la pression.
"+J'ai été mal conseillé+ ne peut pas être une bonne excuse pour un dirigeant", a-t-elle souligné lors d'une interview sur BBC Radio 4, estimant que la position de Keir Starmer était "désormais intenable".
"Les conseillers conseillent, les dirigeants décident. Il a pris une mauvaise décision, il devrait assumer ses responsabilités", a encore déclaré la cheffe des Tories.
- "On repart à zéro" -
Keir Starmer avait nommé en décembre 2024 Peter Mandelson ambassadeur à Washington, un poste hautement stratégique avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Mais il a dû le démettre de ses fonctions en septembre 2025 après la publication de documents détaillant l'ampleur de ses liens avec le pédocriminel.
De nouveaux documents récemment rendus publics ont relancé la polémique, semblant montrer que M. Mandelson aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations susceptibles d'influer sur les marchés, notamment lorsqu'il était ministre entre 2008 et 2010.
La police a ouvert une enquête et a perquisitionné vendredi à deux adresses liées à Peter Mandelson.
M. Starmer tente depuis d'éteindre le scandale.
Il a d'abord affirmé regretter d'avoir nommé Peter Mandelson. Il a ensuite présenté ses excuses jeudi auprès des victimes de Jeffrey Epstein, se disant "désolé d'avoir cru aux mensonges de (Peter) Mandelson et de l'avoir nommé", tout en faisant part de sa volonté de rester à Downing Street.
Pour Patrick Diamond, ancien conseiller politique et aujourd'hui professeur de sciences politiques, la position de Keir Starmer n'est pas "irrémédiablement compromise", celui-ci disposant d'une large assise au Parlement.
Historiquement, le Labour a "tendance à faire preuve de loyauté envers ses dirigeants", a aussi rappelé l'expert, interrogé par l'AFP.
Lundi, des figures du parti se sont d'ailleurs élevées pour défendre Keir Starmer.
"Le Premier ministre assume ses responsabilités", a déclaré sur Sky News la secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité, Jacqui Smith.
"Il a assumé la responsabilité de la décision prise concernant Peter Mandelson, même si, pour être clair, c'est bien sûr Peter Mandelson qui, par ses mensonges constants et ses relations avec Jeffrey Epstein, a laissé tomber le parti, le gouvernement et le pays", a-t-elle ajouté.
Même tonalité pour le ministre du Travail Pat McFadden, qui a dit à l'agence britannique PA croire que Keir Starmer "mérite le soutien du groupe parlementaire".
La députée Emily Thornberry, assure, elle, que Keir Starmer est "un bon leader". Mais, a-t-elle ajouté sur BBC radio 4, "nous avons vraiment besoin d'une direction claire, et c'est son défi. Donc on repart à zéro, et lui aussi doit repartir à zéro".
D.Johnson--AT