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Le président israélien en visite en Australie pour un hommage aux victimes de l'attentat de Bondi
Le président israélien Isaac Herzog a promis lundi que le fléau de l'antisémitisme serait un jour vaincu, au premier jour d'une visite sous haute sécurité en Australie destinée à rendre hommage aux victimes de la tuerie de Bondi et à soutenir une communauté juive meurtrie.
Face aux appels à manifester lancés par des militants pro-palestiniens, les autorités ont appelé au calme et mobilisé un important dispositif de sécurité à Sydney pour le début de ce déplacement de quatre jours.
Le chef de l'Etat israélien a indiqué que sa visite visait à "exprimer sa solidarité et apporter de la force" à la communauté juive après l'attaque qui a fait 15 morts le 14 décembre.
"Nous vaincrons ce mal", a déclaré le chef d'Etat au moment de rendre hommage, sous la pluie, aux victimes de l'attaque. "Les liens entre les gens de bien, de toutes confessions et de toutes nations, resteront solides face à la terreur, à la violence et à la haine", a soutenu M. Herzog après avoir déposé une gerbe sur les lieux de la fusillade.
Selon les autorités, leur attentat était inspiré par l'idéologie du groupe jihadiste Etat islamique (EI) mais les deux hommes n'ont pas reçu d'aide extérieure et ne faisaient pas partie d'une organisation terroriste.
Parmi les victimes ayant perdu la vie figurent un rescapé de la Shoah de 87 ans, un couple ayant tenté d'arrêter l'un des assaillants ou encore une enfant de dix ans.
- Immunité -
La visite d'Isaac Herzog s'inscrit dans une série d'hommages à la mesure de l'effroi suscité par la tuerie - la plus meurtrière en Australie depuis trois décennies -, qui a aussi provoqué la polémique.
Au sein de la communauté juive, de nombreuses voix ont accusé le gouvernement travailliste d'avoir laissé prospérer l'antisémitisme, en particulier depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas le 7 octobre 2023 et l'offensive israélienne qui a suivi.
Le Premier ministre Anthony Albanese a présenté ses excuses en décembre et appelle désormais à l'unité et au respect face aux appels à manifester dans tout le pays lors de la visite du président israélien.
"Je pense que les gens veulent que les vies innocentes soient protégées, qu'elles soient israéliennes ou palestiniennes, mais ils veulent aussi autre chose: que le conflit ne soit pas importé ici", a plaidé pendant le week-end M. Albanese, qui va accompagner M. Herzog auprès des familles de victimes.
Sécurité oblige, peu d'autres détails ont été rendus publics concernant le programme du dirigeant israélien.
A Sydney, des centaines de personnes ont manifesté en début de soirée à l'appel du groupe Palestian Action, accusant M. Herzog de "génocide" à Gaza et demandant à ce qu'il fasse l'objet d'une enquête conformément aux engagements internationaux de Canberra.
Une autre manifestation s'est tenue à Melbourne, demandant notamment la fin de l'"occupation" des territoires palestiniens, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Une commission d'enquête indépendante de l'ONU a établi en 2025 qu'Israël commettait un génocide à Gaza depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque du 7-Octobre.
Selon les enquêteurs, qui ne s'expriment pas au nom de l'ONU, M. Herzog et d'autres dirigeants israéliens ont "incité à commettre un génocide" dans le territoire palestinien, ce qu'Israël a rejeté "catégoriquement", dénonçant un "rapport biaisé et mensonger".
La police fédérale australienne a cependant promis une "immunité complète" au dirigeant.
Si le Conseil exécutif des juifs australiens, la principale organisation représentant la communauté juive, a salué la venue de M. Herzog, le Conseil juif d'Australie, plus libéral, a désavoué cette visite, reprochant au chef d'Etat "la destruction en cours de Gaza".
M.Robinson--AT