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Trump reçoit la Première ministre japonaise, qu'il presse de l'aider sur Ormuz
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi, qui était jusque récemment dans les bonnes grâces de Donald Trump, tentera de conserver ses faveurs jeudi à la Maison Blanche malgré sa réticence à impliquer le Japon dans la sécurisation du détroit d'Ormuz.
La dirigeante de 65 ans a prévu d'être "franche" avec le président américain.
Elle est "dans une position très difficile", résume pour l'AFP Sayuri Romei, du German Marshall Fund.
La conservatrice devra opposer des "limites claires" aux demandes du président américain et "faire attention à ne pas promettre des choses que le Japon ne peut offrir" concernant le détroit, artère vitale du commerce mondial, bloquée par l'Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Le tout en gardant en tête que "la sécurité énergétique (de son pays) dépend du pétrole iranien", souligne l'experte.
Quatrième économie mondiale, le Japon est le cinquième importateur de pétrole. Quelque 95% de ses approvisionnements proviennent du Moyen-Orient et 70% transitent par le détroit d'Ormuz.
La Première ministre a déclaré mercredi devant le Parlement: "Nous ferons ce que nous pourrons dans la limite des lois japonaises; et ce que nous ne pouvons pas faire, nous ne le ferons pas. J'entends être très franche à ce sujet."
Sa venue à la Maison Blanche est prévue à 11H00 locales (15H00 GMT).
- Pacifiste -
L'envoi des Forces d'autodéfense à l'étranger est politiquement sensible dans un Japon officiellement pacifiste et où de nombreux électeurs restent attachés à la Constitution de 1947, imposée par les Etats-Unis et qui implique de renoncer à la guerre.
"Au vu des récents développements, l'autre partie devrait être très consciente du cadre légal du Japon", a ajouté Sanae Takaichi.
Mais quand "l'autre partie" est Donald Trump, au tempérament volatile, difficile de prédire à quel point cet argument des limites institutionnelles portera.
Le président américain avait appelé dimanche ses alliés, dont le Japon, et la grande rivale des Etats-Unis, la Chine, à fournir leur assistance pour rouvrir le détroit d'Ormuz, bloqué quasi totalement par l'Iran et par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole.
Les refus successifs opposés par la quasi-totalité des pays alliés ont provoqué la fureur de Donald Trump, dont l'Otan était, jusqu'ici, la principale cible.
Le milliardaire républicain est revenu enchanté de sa rencontre avec Sanae Takaichi au Japon en octobre, lorsqu'elle l'avait reçu de manière particulièrement soignée.
Il l'avait soutenue avec enthousiasme avant les élections législatives du 8 février, lors desquelles la formation qu'elle préside, le PLD, avait remporté une victoire éclatante.
Mais la popularité de la Première ministre est mise à l'épreuve par le conflit au Moyen-Orient, synonyme de flambée des coûts de l'énergie, autant pour les entreprises que pour les ménages.
- Economie -
Cela alors que le Japon fait face à une croissance anémique et à une dette publique colossale.
Sanae Takaichi pourrait s'efforcer de mettre l'économie au premier plan de son entretien avec le président américain.
Le Japon a promis d'investir 550 milliards de dollars aux Etats-Unis, en échange d'une baisse des droits de douane imposés par l'administration Trump, passés de 25% à 15%.
La Première ministre entend aussi évoquer les projets de son pays en matière d'extraction de terres rares, ces minerais indispensables pour toute l'industrie technologique, en proposant une coopération avec les Etats-Unis pour exploiter des gisements sous-marins récemment découverts dans le Pacifique.
La dirigeante japonaise essaiera aussi d'attirer l'attention de son interlocuteur sur d'autres défis géopolitiques.
"Nous espérons que la visite portera aussi sur la zone Indo-Pacifique", a dit un haut responsable japonais, sous couvert d'anonymat.
Alors que la relation entre le Japon et la Chine s'est tendue récemment, Tokyo s'inquiète d'un possible désintérêt de l'administration Trump pour la stabilité régionale.
Le président américain doit se rendre en Chine dans un peu plus d'un mois. Initialement prévue fin mars, sa visite d'Etat a été reportée, à sa demande, pour lui permettre de superviser l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
H.Gonzales--AT