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L'Iran promet de bloquer le pétrole du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre"
L'Iran a promis mardi que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre", dans un rejet cinglant des propos de Donald Trump la veille sur une guerre "quasiment" terminée.
La République islamique a estimé que les négociations avec Washington n'étaient "plus à l'ordre du jour", dans ce conflit qui a embrasé toute la région depuis le 28 février et plongé lundi les marchés mondiaux dans la panique.
"Les forces armées iraniennes (...) n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi et ses partenaires jusqu'à nouvel ordre", a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique.
Le pouvoir iranien, qui avait désigné dimanche l'ayatollah Mojtaba Khamenei nouveau guide suprême, dix jours après la mort de son père dans les frappes isarélo-américaines, dénie ainsi à Washington le droit de décider seul de la suite du conflit.
Et il entend bien user du contrôle qu'il exerce sur le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transite un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Les efforts "pour réduire et contrôler le prix du pétrole et du gaz seront ponctuels et vains. En temps de guerre, le commerce est tributaire de la sécurité régionale", a ajouté le porte-parole des Gardiens, selon l'agence de presse Tasnim.
Ces derniers ont même promis de laisser transiter par le précieux passage "tout pays arabe ou européen qui expulserait les ambassadeurs israélien et américain de son territoire".
Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti pour sa part que Téhéran "déciderait de la fin de la guerre" et que les forces armées iraniennes étaient prêtes "à poursuivre les frappes de missiles (...) aussi longtemps que nécessaire et chaque fois que cela sera nécessaire".
- "Briser les os" -
Des propos qui tranchent singulièrement avec ceux de Donald Trump la veille. Depuis la salle de bal de son club de golf de Doral (Miami, sud-est), lundi soir, le président avait revendiqué de maîtriser le tempo.
"La guerre va se terminer bientôt", avait-il assuré, pour sa première conférence de presse depuis le début du conflit.
Jugeant les opérations américaines "bien en avance" par rapport à un calendrier initial qu'il n'a jamais dévoilé, le milliardaire a soufflé le chaud et le froid en laissant, comme souvent, planer le doute sur ses projets.
Il a menacé de frapper l'Iran "beaucoup plus fort" si Téhéran "prenait le monde en otage" en bloquant le détroit d'Ormuz.
Et d'ajouter, plus désinvolte que jamais: "nous avons fait une petite excursion parce qu'il nous semblait qu'il fallait se débarrasser de certaines personnes. Et je pense que vous verrez que ce sera une excursion de courte durée".
Israël, main dans la main avec les Etats-Unis depuis le premier jour de cette guerre, n'a réagi que mardi matin.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a estimé qu'Israël "brisait les os" du pouvoir iranien, mais n'en avait "pas encore fini" avec lui. "Nous aspirons à amener le peuple iranien à briser le joug de la tyrannie".
- Les marchés respirent -
En attendant d'y voir plus clair, les marchés mondiaux ont fait volte-face après un mouvement de panique la veille. Les prix du pétrole reculaient de 5% en fin d'échanges asiatiques et le gaz européen perdait 15%.
Les Bourses européennes se sont redressées à l'ouverture, Paris, Francfort et Londres reprenant entre 1,29 et 2,04%. Les Bourses asiatiques avaient auparavant rebondi elles aussi (Séoul +5,35%, Tokyo +2,88%).
Les analystes prédisent pour autant une certaine volatilité des marchés, à l'image des incertitudes qui pèsent sur le rapport de force en cours, entre déclarations contradictoires et frappes multiples.
Car de fait, la guerre se poursuit.
L'armée israélienne a mené dans la nuit de lundi à mardi des frappes sur plusieurs localités du sud et de l'est du Liban, fiefs du mouvement chiite pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information libanaise (Ani).
Elle a prévenu mardi matin de frappes imminentes sur Tyr et Saïda (sud) contre le mouvement, appelant les habitants de plusieurs immeubles à évacuer leur logement.
L'Iran a annoncé de son côté avoir ciblé, avec cinq missiles, une base américaine dans la région du Kurdistan irakien. Quatre combattants d'une faction armée pro-Iran en Irak ont été tués dans une frappe nocturne attribué aux Etats-Unis, selon un communiqué du groupe.
Les Emirats arabes unis ont indiqué en début de journée être la cible de drones et missiles iraniens. Koweït et Arabie saoudite ont dit avoir abattu des drones et Bahreïn a fait état de deux morts dans une attaque iranienne qui a touché un immeuble résidentiel à Manama, la capitale.
Lundi, un second missile iranien avait été intercepté au-dessus de la Turquie, provoquant une mise en garde d'Ankara à Téhéran.
La tendance semblait pour autant à la désescalade entre les deux voisins. Le président iranien Massoud Pezeshkian a proposé lundi à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan qu'une "équipe conjointe" enquête sur ces incidents, selon les médias iraniens.
burx-dla/anb
E.Flores--AT