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Alerte sur les prix en zone euro, qui risquent de grimper après une remontée en février
L'inflation dans la zone euro risque de donner de nouvelles sueurs froides à la BCE : alors qu'elle était remontée en février juste en dessous des 2% visés par Francfort, elle pourrait franchir allégrement ce niveau en mars du fait de la flambée des prix du pétrole et du gaz liée à la guerre au Moyen-Orient, même si les économistes s'interrogent sur la durée de cette crise.
Après être tombée à 1,7% sur un an en début d'année, l'inflation est remontée à 1,9% sur un an le mois dernier, selon une première estimation publiée mardi par Eurostat. Elle revient ainsi tout près de l'objectif officiel de la BCE, fixé à 2%.
Cette poussée était inattendue. Les économistes sondés par FactSet tablaient sur un maintien à 1,7%, le même taux qu'en janvier. Elle est due principalement au secteur des services, dont les prix ont augmenté de 3,4% sur un an le mois dernier, après 3,2% en janvier.
En outre, la baisse des prix de l'énergie a ralenti (-3,2% sur un an contre -4% en janvier).
Mais cette tension enregistrée en février n'est rien par rapport à ce qui attend les consommateurs des 21 pays partageant la monnaie unique en mars, si le conflit au Moyen-Orient se prolonge, préviennent d'ores et déjà les économistes.
"Ces chiffres montrent qu'avant même le début du conflit, les pressions inflationnistes étaient loin d'être calmées. Et désormais, la situation redevient mouvementée", plaçant la BCE en "alerte maximale", prévient Bert Colijn, chef économiste de la banque ING.
- Phase d'incertitude -
En effet, la guerre sans précédent lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui menace de perturber l'approvisionnement européen en hydrocarbures et a provoqué une flambée des cours du pétrole et du gaz, va nécessairement gonfler les prix dans la zone euro.
Selon les calculs de M. Colijn, si le conflit durait "quelques semaines", l'inflation pourrait grimper autour de 2,5%. Et en cas de conflit plus long, les conséquences seraient pires, plongeant l'inflation dans une phase d'incertitude comme la zone euro n'en a pas connue depuis plusieurs années, prédit-il.
Tous les experts gardent en tête la flambée des prix de l'énergie en 2022 provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine. L'inflation en zone euro avait grimpé dans la foulée à un niveau record, atteignant 10,6% sur un an en octobre de cette année-là.
Et il avait fallu attendre mi-2024 pour que la BCE, qui avait été contrainte de relever fortement ses taux directeurs, commence à les réduire, jusqu'à ramener son principal taux à 2% en juin 2025, niveau auquel il est resté fixé jusqu'à présent.
De quoi mettre sur la pression sur la BCE, qui doit revoir ses taux dans deux semaines.
Mais la plupart des économistes tablent sur un maintien de sa politique monétaire dans l'immédiat, en attendant de voir comment le conflit au Moyen-Orient évolue.
C'est ce que pense en tout cas Riccardo Marcelli Fabiani, du cabinet Oxford Economics, qui juge "improbable" un relèvement des taux de la BCE en mars.
Selon lui, "il convient de relativiser l'impact" des événements au Moyen-Orient, "car l'offre de pétrole recommence progressivement à dépasser la demande, et l'énergie ne représente qu'une faible part du panier de biens et services" rentrant dans le calcul de l'inflation.
Y.Baker--AT