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XV de France: faute de Grand chelem, battre l'Angleterre pour un doublé
Faute de Grand chelem, abandonné en route face aux Ecossais (50-40), les Bleus peuvent encore remporter le Tournoi des six nations samedi contre l'Angleterre, pour les 120 ans du +crunch+. Mais attention à un XV de la Rose qui peut encore piquer.
Au coup d'envoi, à 21h10, au Stade de France, Antoine Dupont et ses hommes (1ers, 16 pts) sauront le résultat du choc entre l'Irlande (3e, 14 pts) et l'Ecosse (2e, 16 pts) à Dublin. Et, sauf scenario improbable, il leur faudra absolument gagner, voire avec le bonus, pour conserver leur titre de 2025.
Un doublé que le XV de France n'a plus signé depuis 2006-2007, une éternité. Le capitaine des Bleus était alors Raphaël Ibanez, désormais manager de l'équipe de France.
Après avoir raté une première marche en Ecosse, pour avoir le droit de rêver au Grand Chelem, les Bleus sont donc en repêchage samedi, pour le titre. "C'est encore une finale", expliquait mercredi William Servat, l'entraîneur des avants.
Une finale et un anniversaire: les 120 ans du +crunch+, ce duel franco-anglais disputé pour la première fois le 22 mars 1906, au Parc des Princes, pour une défaite 35-8 des Bleus. Un revers qui reste le plus large de l'histoire des coqs contre l'Angleterre sur le sol français.
Maillot vintage inspiré de ce match historique, spectacle sons et lumières avant le coup d'envoi, avec chevaux et figurants: la Fédération française de rugby a mis les petits plats dans les grands pour ce 113e affrontement entre les deux équipes. En espérant que les joueurs de Steve Borthwick ne viendront pas gâcher le dessert, comme lors de la dernière victoire anglaise à Paris (31-21), il y a 10 ans.
"Le contexte des 120 ans, ça rajoute une saveur un peu particulière. Mais au-delà des tenues, il faudra surtout qu'on ait le comportement adéquat", a insisté le capitaine Antoine Dupont en conférence de presse d'avant-match vendredi.
- "Le passé c'est le passé" -
Epouvantail de la compétition, avec 12 victoires d'affilée dont un 33-19 cinglant contre les All Blacks à l'automne, le XV de la Rose est brutalement retombé sur terre, avec une claque en Ecosse (31-20), la plus large défaite de son histoire à domicile contre l'Irlande (21-42), puis la première défaite de son histoire contre l'Italie (23-18).
Mais attention à une bête "blessée", avertissait mercredi Servat. "Les Anglais traversent un moment difficile. Mais ils sont toujours redoutables", a confirmé jeudi Fabien Galthié.
Une certitude: en cas de victoire samedi, les Anglais sauveraient leur tournoi et sans doute la tête de leur sélectionneur au passage. Et, à un an et demi du Mondial-2027 en Australie, ils mettraient KO un XV de France sans doute encore un peu groggy après sa désillusion écossaise. Même si "le passé, c'est le passé", a tenté d'évacuer jeudi le sélectionneur tricolore, refusant de parler d'esprit de revanche.
"Une fois qu'on a gagné, on ne retient que le nom du vainqueur" a aussi dit Antoine Dupont vendredi, estimant qu'un sacre permettrait de faire oublier "beaucoup de choses passées" pendant la compétition.
Mais quels Bleus seront sur la pelouse samedi soir à Saint-Denis ? Les joueurs virevoltants sous la pluie contre l'Irlande (36-14) puis à Cardiff (12-54) et victorieux ensuite contre l'Italie (33-8), ou les gentils organisateurs de l'opération portes ouvertes en Ecosse, avec sept essais encaissés, du jamais vu depuis une défaite 52-11 en juin 2018 chez les All Blacks ?
Du XV de départ à Edimbourg samedi, ils seront encore 11 sur la pelouse contre l'Angleterre, pour passer du cauchemar écossais au rêve d'une nouvelle couronne dans le Tournoi. Et avec eux un petit nouveau, le jeune Bordelais Temo Matiu, 24 ans, au poste de flanker.
Avant de se plonger dans le chaudron du stade de France, Fabien Galthié et ses hommes sont allés assister aux répétitions de "Romeo et Juliette", opéra en cinq actes de Gounod, jeudi après-midi à l'Opéra Garnier. Espérons pour les Bleus que leur cinquième acte dans ce Tournoi 2026 finira moins dramatiquement.
J.Gomez--AT