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Pourparlers Iran/Etats-Unis : Téhéran confiant, Washington plus méfiant
L'Iran a assuré que Téhéran et Washington s'étaient entendus mardi en Suisse sur "un ensemble de principes directeurs" pour un possible accord mais le vice-président JD Vance a noté que les divergences persistaient sur les "lignes rouges" américaines.
Les deux pays ennemis ont conclu mardi près de Genève une deuxième session de pourparlers indirects dans un contexte de fortes tensions persistantes.
A la télévision d'Etat, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, qui dirigeait la délégation de son pays, a salué une séance "plus constructive" que celle du 6 février à Oman, le pays médiateur.
"Nous avons pu parvenir à un large accord sur un ensemble de principes directeurs, sur la base desquels nous avancerons et commencerons à travailler sur le texte d'un accord potentiel", a-t-il déclaré, sans donner de date pour de nouvelles négociations.
L'Iran s'est aussi dit ouvert à une "vérification" de son programme nucléaire.
"D'un côté, cela s'est bien passé" puisque le dialogue est appelé à se poursuivre, a quant à lui commenté le vice-président américain JD Vance sur Fox News.
"D'un autre côté, il était très clair que le président (américain, ndlr) avait établi certaines lignes rouges que les Iraniens ne sont pas encore prêts à reconnaître", a-t-il ajouté.
- Menaces guerrières -
"Il reste encore beaucoup à faire", a aussi affirmé le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, saluant toutefois des "progrès".
Le ministre iranien Abbas Araghchi a reconnu qu'il "faudrait du temps pour réduire" l'écart.
La patience de Donald Trump, qui avait déjà fait procéder à des bombardements sur des sites nucléaires iraniens en juin 2025, n'est pas infinie, a fait comprendre JD Vance.
Le président américain "se réserve le droit de dire quand il jugera que la voie diplomatique aura atteint sa limite. Nous espérons ne pas en arriver là", a poursuivi le vice-président.
Donald Trump garde selon lui "toutes les options" ouvertes, y compris donc celle de déclencher la considérable force de frappe amassée dans la région par l'armée américaine, dont Téhéran assure qu'elle ne l'intimide pas.
- Lincoln et Ford -
Ce bâtiment - qui embarque près de 80 appareils - et ses navires d'escorte se trouvent à environ 700 km des côtes iraniennes. Un deuxième, le Gerald Ford, doit le rejoindre.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, font pour leur part des manoeuvres militaires dans le détroit d'Ormuz, un point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole.
Les délégations iranienne et américaine - cette dernière étant menée par l'émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner - ont eu environ trois heures et demie de discussions, via des échanges de messages, selon les médias iraniens.
Les positions de départ étaient très éloignées.
Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux.
- "Vérification" -
Téhéran se dit prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi, évalué à plus de 400 kg et dont le sort est incertain, à condition que Washington lève ses sanctions.
Le président iranien Massoud Pezeshkian s'est dit "ouvert" à une "vérification" en matière nucléaire, répétant que son pays ne cherchait pas à se doter de la bombe, selon un entretien publié mardi sur le site internet de la présidence.
L'Iran insiste toutefois sur son droit à développer une filière nucléaire civile et à enrichir de l'uranium dans ce but.
Mardi, des slogans contre le pouvoir ont de nouveau retenti dans plusieurs villes iraniennes au cours de rassemblements en hommage aux manifestants tués.
W.Moreno--AT