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Dans le désert chilien, des migrants restent bloqués à la frontière avec le Pérou
Sous un soleil de plomb, des dizaines de personnes sans papiers cherchant à fuir le Chili et la menace d'expulsions massives s'entassent devant la frontière désertique avec le Pérou, qui leur ferme le passage.
Le compte à rebours est lancé avant le second tour de l'élection présidentielle chilienne, prévu le 14 décembre, où le candidat d'extrême droite José Antonio Kast est donné favori face à sa rivale de gauche Jeannette Jara.
Durant sa campagne, M. Kast a promis d'expulser les plus de 330.000 personnes en situation irrégulière au Chili, principalement des Vénézuéliens qu'il associe à la criminalité.
"Nous ne mangeons pas bien. Pour faire nos besoins, nous devons nous cacher là-bas. Au Pérou, ils ne veulent plus de Vénézuéliens. Nous ne savons pas ce que nous allons faire", raconte-t-elle à l'AFP.
Arrivée au Chili il y a trois ans et n'ayant pas réussi à être régularisée, Mme Rivas s'est résolue à quitter le pays après le premier tour de la présidentielle.
Pour se protéger de la chaleur du désert qui les entoure, les exilés n'ont que quelques draps qu'ils utilisent comme parasols. La police péruvienne leur distribue de l'eau de temps en temps, sans leur permettre de passer.
Vendredi, le gouvernement péruvien a déclaré l'état d'urgence à la frontière avec le Chili, afin de renforcer la surveillance militaire et d'empêcher l'entrée des migrants.
Le ministre péruvien des Affaires étrangères, Hugo de Zela, a déclaré que le Pérou n'accueillerait plus de migrants en situation irrégulière.
- "Il y a des enfants" -
"Au moins, apportez-nous un bus, laissez chacun payer son billet et emmenez-nous en Equateur pour que nous puissions continuer notre route vers le Venezuela", réclame Billy Gonzalez, un technicien en optique de 48 ans.
Ce n'est pas la première fois que le Pérou mobilise son armée le long de la frontière avec le Chili. En avril 2023, l'état d'urgence avait été décrété pour deux mois en réponse à l'afflux de personnes sans papiers, principalement vénézuéliennes, qui traversaient la frontière.
Diego Paco, gouverneur régional d'Arica, a fait part à l'AFP de son inquiétude quant au sort des exilés bloqués dans le désert.
"Parmi ces 100 personnes, il y a des enfants. Certaines personnes pourraient tomber malades à cause du froid qui règne la nuit", prévient-il.
Le nombre de migrants sans papiers au Chili a explosé ces dernières années, passant d'environ 10.000 en 2018 à quelque 330.000 en 2024, selon le Service national des migrations du Chili. La majorité sont originaires du Venezuela.
Au Chili, les personnes sans papiers peuvent accéder aux services de santé et inscrire leurs enfants dans les écoles publiques.
Une partie de la population chilienne associe l'immigration clandestine à l'augmentation de la délinquance, principale préoccupation des citoyens bien que le Chili soit l'un des pays les plus sûrs de la région.
"Je comprends que des criminels soient venus de mon pays, mais il y a aussi des gens honnêtes qui veulent simplement travailler", insiste Billy Gonzalez.
A.Williams--AT