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Coup d'envoi donné au Super Bowl, entre Patriots, Seahawks et Bad Bunny
Le coup d'envoi du 60e Super Bowl a été donné dimanche à Santa Clara (Californie), grand rendez-vous annuel du sport-spectacle entre les New England Patriots et les Seattle Seahawks dans un climat de tensions politiques accentuées par le choix de Bad Bunny pour le concert de la mi-temps.
Plus de 120 millions d'Américains sont attendus devant leur écran pour la finale de la NFL, la toute-puissante ligue de football américain, qui a fâché Donald Trump en optant pour la méga-vedette portoricaine Bad Bunny, dénonciateur de la violente politique anti-immigration du président, pour animer un show au moins aussi apprécié que le match.
Les Seahawks sont considérés comme légèrement favoris grâce à leur défense. Les Patriots visent eux un 7e titre record mais on les attendait pas à un ce niveau après plusieurs saisons moribondes consécutives au départ en 2019 du "GOAT" (meilleur joueur de tous les temps) Tom Brady.
"Je suis fan des Patriots depuis le départ, il y a plus de 60 ans... Ça va être génial", anticipe Terri Carboni, âgé de 71 ans, passé de la neige du Massachusetts à la chaleur californienne.
Le coup d'envoi a été donné à 15h30 heure locale (23h30 GMT) dans le Levi's Stadium de Santa Clara (Californie), au sud-est de San Francisco. Tous les regards se porteront ensuite sur Bad Bunny pour le traditionnel show de la mi-temps.
- "Pas question de politique" -
Star mondiale avec son reggaeton mâtiné de trap latine, le Portoricain critique avec véhémence la politique migratoire répressive de Donald Trump, qui a été en retour irrité du choix de la NFL. Dénonçant un "horrible choix", le dirigeant républicain, qui avait été le premier président de l'histoire à assister à un Super Bowl l'an passé à La Nouvelle-Orléans, sera cette fois absent de l'événement.
"Profite du Super Bowl, Amérique! Notre pays est plus fort, plus grand et meilleur que jamais et, LE MEILLEUR EST A VENIR!", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social juste après le coup d'envoi du match.
Rejoint par le groupe de rock Green Day, également contempteur de Donald Trump, qui s'est produit avant la rencontre, Bad Bunny devrait être le premier artiste à chanter exclusivement en espagnol pendant ce grand spectacle annuel.
Le 1er février, le chanteur a appelé à mettre la police fédérale américaine de l'immigration "ICE dehors" ("ICE out") lors de son triomphe à la cérémonie des Grammy Awards, récompenses de la musique américaine.
Les pratiques de la police fédérale de l'immigration sont dénoncées, d'autant plus depuis début janvier, lorsque ses agents ont abattu Renee Good, une mère de famille de 37 ans, à Minneapolis. D'autres agents fédéraux ont tué fin janvier Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, dans la même ville du Minnesota, en marge des manifestations contre ICE.
Face à cette actualité tragique, Bad Bunny a promis cette semaine "une énorme fête", les spectateurs n'ayant selon lui "qu'à se soucier de danser" lors d'un show au contenu gardé secret. Profitera-t-il aussi de cette scène sans pareil pour délivrer un message politique?
Dans le stade, Duane Welty Rivera arbore un chapeau de paille traditionnel "pava" et drapeau portoricain au bleu clair, symbolisant "l'esprit indépendant" de ce territoire des Etats-Unis. Ce fan ne se dit pas perturbé par le boycott de l'événement par Trump, "c'est son problème".
"Pour moi il n'est pas question de politique mais d'unité en tant que peuple", dit à l'AFP ce supporter des Seahawks âgé de 54 ans.
- Maye contre Darnold -
Sur la pelouse, les Patriots tentent de retrouver leur éclat du début du siècle, lorsque "l'Empire du Mal" avait été sacré à six reprises entre 2002 et 2019.
Les Patriots étaient pourtant l'une des moins bonnes équipes de la ligue les deux saisons précédentes, avec huit succès au total en deux ans. La transformation a eu lieu après la nomination en mars 2025 de Mike Vrabel, coach âgé de 50 ans et ancien coéquipier de Tom Brady.
En cas de succès, ils deviendraient la première franchise à sept titres, devant les Pittsburgh Steelers (6).
La franchise du Massachusetts a trouvé une nouvelle pépite au poste de quarterback, avec Drake Maye, qui postule à 23 ans pour devenir le plus jeune joueur de l'histoire titulaire à ce poste-clef à soulever le trophée Vince-Lombardi.
Maye, ses passes longues et ses qualités de franchisseur ballon en main, devra se défaire de la féroce défense des Seahawks, la plus efficace contre les quarterbacks adverses.
L'équipe de l'Etat de Washington comptera sur son propre manieur de ballon, Sam Darnold (28 ans), anonyme passé sans succès par quatre franchises avant de trouver la lumière dans le nord-ouest du pays cette saison.
Seattle ne compte qu'un seul trophée à son palmarès, en 2014, un an avant une dernière apparition lors du Super Bowl pour une défaite contre les Patriots, déjà.
O.Brown--AT