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TotalEnergies publie ses résultats dans un contexte déprimé pour les prix du pétrole
Après Shell et BP, c'est le tour de TotalEnergies: le géant français des hydrocarbures doit dévoiler mercredi des résultats pour l'année 2025 en recul, affectés par la baisse des cours du pétrole.
Les analystes consultés par Bloomberg et FactSet anticipent respectivement un bénéfice net annuel publié de 12,22 et de 13 milliards d'euros (soit 15,75 et 15,6 milliards de dollars), en baisse par rapport à celui de 2024 (15,2 milliards d'euros).
TotalEnergies s'éloigne encore des niveaux les plus hauts de son histoire atteints en 2023 (19,8 milliards d'euros) et en 2022 (19 milliards d'euros), lorsque la flambée des prix de l'énergie, nourrie par la reprise post-Covid et l'invasion russe de l'Ukraine, avait dopé ses résultats.
Depuis, la fièvre du pétrole est retombée: en 2025, le baril s'est échangé autour de 66 dollars en moyenne, dans un environnement très volatil.
Les marchés pétroliers ont connu des mois fébriles en 2025, entre l'incertitude sur la situation économique mondiale attisée par l'offensive protectionniste de l'ère Trump II, l'escalade des tensions au Moyen-Orient et la réouverture des vannes décidée par la coalition des pays exportateurs de pétrole, l'Opep+, pour relancer une demande en berne.
"Nous ne contrôlons pas les marchés. Aujourd'hui, la volatilité provient non seulement de l'offre et de la demande, mais aussi de la géopolitique", avait souligné le PDG du groupe Patrick Pouyanné en juillet dernier.
Malgré l'érosion de ses prix de vente de produits pétroliers, TotalEnergies devrait toutefois compenser partiellement ce recul par une hausse de sa production dans ses trois activités piliers: le pétrole (mise en service de Mero au Brésil et Ballymore aux Etats‑Unis), le gaz (démarrages de Tyra au Danemark et Fenix en Argentine) et l'électricité.
- Réduire coûts et investissements -
Le groupe met d'ailleurs en avant son modèle de diversification, à la fois géographique - présent sur tous les continents - et énergétique, avec un poids croissant du gaz naturel et de l'électricité, pour mieux naviguer entre les turbulences géopolitiques.
Mardi, son concurrent, le groupe britannique BP a annoncé un effondrement de son bénéfice net de 86%, tombé à 55 millions de dollars, sous l'effet de la baisse des prix du pétrole mais aussi d'une lourde dépréciation liée à ses activités dans la transition énergétique.
A l'inverse, la semaine dernière, l'autre géant britannique Shell a publié un bénéfice net en hausse de 11% en 2025 à 17,83 milliards de dollars, malgré la baisse des prix du pétrole, qui a été compensée par le volume des ventes et une diminution de ses coûts.
Comme ses pairs, TotalEnergies prévoit d'augmenter sa production d'hydrocarbures dans les prochaines années, à laquelle il n'a jamais renoncé. Mais alors que Shell et BP ont revu à la baisse plusieurs de leurs objectifs climatiques au profit du pétrole et du gaz, le groupe français insiste sur sa stratégie "constante": combiner croissance dans les hydrocarbures à forte marge et investissements sélectifs dans les énergies bas carbone.
En septembre, il a toutefois annoncé réduire la voilure sur ses investissements, y compris dans les énergies bas carbone, et ses coûts opérationnels, à hauteur de 7,5 milliards de dollars sur la période 2026-30, pour faire face à un environnement "incertain".
En septembre, le groupe de Patrick Pouyanné prévoyait autour de 16 milliards de dollars d'investissements nets en 2026 et de 15 à 17 milliards de dollars par an sur la période 2027-30. Les investissements bas carbone représenteront 4 milliards de dollars par an, soit environ 25% du total, contre environ un tiers auparavant.
En parallèle, TotalEnergies veut accroître sa production d'électricité d'environ 20% par an jusqu'en 2030, pour atteindre 100 TWh à cette échéance, dont 70% d'origine renouvelable (éolien et solaire) et 30% issue de centrales à gaz, pour compenser l'intermittence des renouvelables.
Y.Baker--AT