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Le Congrès américain s'échine à éviter une longue paralysie budgétaire
Le Sénat américain s'évertue vendredi à adopter un paquet budgétaire à quelques heures d'une paralysie partielle de l'administration fédérale, alors qu'un accord conclu la veille entre la Maison Blanche et les démocrates rencontre des obstacles empêchant une adoption rapide.
Passé minuit vendredi soir, plusieurs ministères verront leur financement à sec et devront mettre au chômage technique une partie de leurs fonctionnaires, comme ce fut le cas entre octobre et novembre dernier, lors du précédent "shutdown".
Dans le contexte des opérations de la police de l'immigration (ICE) à Minneapolis, les démocrates refusent d'adopter le nouveau budget proposé pour le ministère de la Sécurité intérieure, le DHS, et demandent au gouvernement d'adopter des réformes pour l'ICE, jugée hors de contrôle.
Le blocage pourrait toutefois être de courte durée, puisque Donald Trump avait annoncé jeudi soir avoir trouvé un compromis avec les démocrates pour que ceux-ci adoptent cinq des six volets du texte budgétaire, tandis que la partie concernant le DHS fera l'objet de nouvelles négociations au cours des deux prochaines semaines.
"La seule chose qui puisse ralentir notre pays, c'est un autre +shutdown+ long et néfaste de l'Etat fédéral", a déclaré le président républicain sur sa plateforme Truth Social, en vantant ses accomplissements en matière économique.
- Blocage -
Après une longue attente jeudi soir, le Sénat n'a cependant pas réussi à s'entendre sur un processus d'adoption rapide du texte, en raison de l'opposition d'un seul sénateur républicain.
Si son blocage continue vendredi, les procédures de la chambre haute du Parlement américain font qu'un vote ne pourra pas avoir lieu avant plusieurs jours.
Et même si le texte est adopté vendredi au Sénat, puisque cette version est différente de celle approuvée auparavant par la Chambre, la proposition de loi devra faire la navette retour.
Un vote à la chambre basse ne pourra pas avoir lieu avant lundi au plus tôt, et l'Etat fédéral se retrouvera donc bien à minuit vendredi en situation de "shutdown" partiel.
Il n'est pas assuré non plus que la Chambre accepte la nouvelle version concoctée par le Sénat.
La semaine dernière, le texte semblait se diriger vers une adoption avant la date limite du 31 janvier, mais les événements de samedi dernier à Minneapolis ont changé la donne.
Les décès de Renee Good et d'Alex Pretti, tous deux tués par balle par des agents fédéraux à quelques semaines d'intervalle dans cette métropole du nord des Etats-Unis, ont provoqué un mouvement d'indignation au sein de la classe politique.
Qualifiant l'action des agents fédéraux de "brutalité soutenue par l'Etat", le chef des démocrates au Sénat a appelé jeudi à ce que des garde-fous soient instaurés sur la manière dont l'ICE opère.
"Ce n'est pas ça l'Amérique", a déclaré Chuck Schumer dans l'hémicycle, qualifiant les agents de l'ICE de "voyous arpentant nos rues".
- Quarante-trois jours -
En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s'ils disposent de la majorité, ont donc besoin de l'appui de plusieurs élus de l'opposition pour adopter leur proposition de budget.
Si un "shutdown" est désormais inévitable vendredi soir, les Etats-Unis ne connaîtront probablement pas une répétition du blocage d'octobre et novembre dernier, le plus long de l'histoire des Etats-Unis, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d'assurance santé.
Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d'autres aux missions considérées comme essentielles avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leur salaire.
Le dernier "shutdown" n'avait pris fin qu'avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions.
Leur décision avait été fortement critiquée par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitent voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump.
E.Rodriguez--AT