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Starmer défend un rapprochement avec Pékin, jugé "très dangereux" par Trump
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a défendu vendredi sa visite en Chine comme un moyen de reconstruire une confiance mutuelle et renforcer les relations commerciales avec Pékin, une perspective que Donald Trump a jugé "très dangereuse".
S'exprimant devant la communauté d'affaires chinoise et britannique à la Bank of China, M. Starmer a de nouveau vanté ses entretiens "très chaleureux, très bons" avec le président Xi Jinping la veille, qui ont permis de "faire de vrais progrès".
"C'est comme ça que nous construisons la confiance mutuelle", a-t-il insisté.
Comme la récente visite du Premier ministre canadien Mark Carney, ce rapprochement entre Londres et Pékin hérisse Donald Trump, dans le contexte de rivalité croissante entre les deux premières puissances mondiales.
M. Starmer a rappelé qu'une visite du président américain en Chine était attendue dans les prochains mois.
"Les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont des alliés très proches, c'est pour cela que nous avons discuté de cette visite avec son équipe avant de venir", a déclaré M. Starmer dans une interview à la télévision britannique.
"Je ne pense pas qu'il soit judicieux pour le Royaume-Uni de faire l'autruche. La Chine est la deuxième économie mondiale", a-t-il souligné.
"La Chine est prête à renforcer la coopération avec tous les pays, dans un esprit de bénéfice mutuel et de résultats gagnant-gagnant", a fait valoir Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'un point presse régulier.
Keir Starmer, qui est arrivé à la mi-journée à Shanghai avant de s'envoler pour le Japon samedi, ne devrait pas quitter la Chine avec une moisson de contrats ou des annonces fracassantes.
- Sanctions chinoises levées -
Il a toutefois affirmé vendredi que la Chine avait levé les sanctions qui visaient depuis 2021 des parlementaires britanniques ayant critiqué le bilan de Pékin en matière de droits de l'Homme.
"J'ai évoqué le sujet (...) et la réponse a été que les restrictions (à leur encontre) ne s'appliquent plus. Et le président Xi m'a dit que cela signifie que tous les parlementaires sont libres de voyager en Chine", a déclaré M. Starmer lors d'entretiens avec des chaînes de télévisions britanniques à Shanghai.
Les cinq députés de haut rang (dont l'un ne siège plus aujourd'hui) et deux membres de la chambre des Lords avaient dénoncé des violations des droits de la minorité musulmane des Ouïghours dans le Xinjiang.
Les sanctions chinoises étaient intervenues en représailles de sanctions britanniques et de l'Union européenne contre Pékin.
Keir Starmer a aussi obtenu quelques gestes de Pékin, comme une baisse bienvenue des droits de douane sur les exportations de whisky ou un accord de coopération en matière de lutte contre l'immigration, dont la portée reste à démontrer.
- "Bénéfique" -
Downing Street a également indiqué que Pékin allait accorder au Royaume-Uni une exemption de visas pour les Britanniques effectuant des séjours de moins de 30 jours en Chine. Mais le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé vendredi que la Chine "examine activement" une telle exemption et la "rendra publique en temps voulu, une fois les procédures nécessaires accomplies".
"C'est symbolique de ce que nous faisons avec cette relation", a néanmoins défendu Keir Starmer à la Bank of China.
Au total, une dizaine d'accords de coopération - aux contours encore flous - ont été signés, dans la santé ou encore les services.
En parallèle, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé son intention d'investir 15 milliards de dollars d'ici 2030 en Chine, tandis que le fournisseur d'énergie Octopus Energy va créer une co-entreprise avec un partenaire chinois pour opérer sur le marché chinois.
Après des années d'une relation tendue sous ses prédécesseurs conservateurs, sur fonds de durcissement de la politique chinoise à Hong Kong et d'accusations réciproques d'espionnage, Keir Starmer s'évertue depuis son arrivée au pouvoir en 2024 à relancer les relations avec Pékin, troisième partenaire commercial de Londres.
Et cela passait par cette visite en Chine, selon Downing Street qui a également ouvert la voie à une future visite de Xi Jinping au Royaume-Uni. Interrogé par des journalistes, son porte-parole n'a pas fermé la porte, affirmant qu'"une réinitialisation des relations avec la Chine (...) est bénéfique pour la population et les entreprises britanniques".
W.Nelson--AT