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Constantin II, le dernier des rois de Grèce
L'ancien roi de Grèce Constantin II, mort mardi à l'âge de 82 ans, était le dernier membre d'une dynastie danoise au pouvoir durant les 19e et 20e siècles avant le retour de la République parlementaire en 1974.
Descendant de la famille royale de Glücksburg, Constantin était le cousin du monarque britannique Charles III et parrain de son fils, le prince William. Il était également le frère de Sofia, la mère du roi Felipe VI d'Espagne.
Il a accédé au trône à l'âge de 23 ans en 1964, l'une des périodes les plus agitées de l'histoire contemporaine grecque, marquée par de profondes divisions politiques et des coups d'Etat, dont celui des colonels qui entraînera son exil, en 1968.
En pleine guerre froide, l'hystérie anticommuniste héritée de la guerre civile (1946-1949) minait alors la stabilité politique.
Le jeune roi était sous l'influence de sa mère d'origine allemande Frederica, critiquée souvent pour son intervention dans la vie politique et nourrissant la méfiance des Grecs à l'égard les rois "étrangers".
La crise entre le palais et l'exécutif n'a pas tardé: le désaccord de Constantin avec Georges Papandréou, Premier ministre de l'époque et chef du parti "l'Union du centre", a contraint ce dernier à démissionner en 1965.
Les crises politiques qui suivront furent un terrain favorable au coup d'Etat des colonels en avril 1967 et au septennat de la junte que la CIA a été accusée de soutenir.
- "La pire journée de ma vie" -
Constantin avait confié ces dernières années avoir tout fait à l'époque pour éviter la crise politique, soulignant que "la mentalité de certains hommes politiques grecs avait sapé les relations de l'exécutif avec le palais".
Dans ses mémoires publiées par le journal grec To Vima en 2015, il se souvenait des "souffrances" qu'il avait dû endurer "de la part des politiciens (grecs)".
Selon lui, les putschistes "ont trompé" le peuple grec en disant qu'ils avaient fomenté le coup d'Etat en son nom.
Huit mois après le coup des colonels, en décembre 1967, Constantin a organisé un contre-coup militaire qui a échoué. Il a alors fui à Rome avec toute sa famille avant de s'installer à Londres.
"C'était la pire journée de ma vie. C'était le jour où j'ai vu mes premiers cheveux blancs", avait-il confié à To Vima, soulignant que "le risque alors d'une guerre civile était très grand".
- Abolition de la monarchie -
Lors du référendum de 1974, près de 70% des Grecs se sont prononcés pour l'abolition de la monarchie, mettant fin à la dynastie instaurée en 1863 par l'arrière grand-père de Constantin, Georges I.
Constantin était le descendant du roi danois Georges 1er, monté sur le trône de Grèce après la mort du premier roi de Grèce Othon 1er, décédé sans laisser de successeur.
L'Etat grec est devenu alors propriétaire de la fortune immobilière royale et Constantin s'est lancé dans une bataille judiciaire pour obtenir une indemnisation.
En 1991, il a fait sortir du pays une dizaine de conteneurs de mobilier de son ancienne résidence estivale près d'Athènes alors que le Premier ministre conservateur Constantin Mitsotakis, le père de l'actuel Premier ministre, était au pouvoir.
La majorité de ces objets ont ensuite été vendus aux enchères chez Christie's à Londres en raison du coût "impossible" de leur entretien, selon la famille royale.
En 1994, une loi grecque a ouvert la voie à la confiscation des biens de l'ancienne famille royale, qui a porté plainte devant la cour européenne des droits de l'Homme. En 2002, cette dernière a condamné la Grèce à verser 14 millions d'euros à la famille royale.
"Je ne veux rien d'autre qu'une vie calme", assurait Constantin aux médias lors d'une visite en Grèce en 1993.
Né à Athènes, Constantin avait quitté une première fois le pays pour l'Egypte à l'âge d'un an, avec sa famille, qui fuyait l'occupation nazie (1941-1944).
De retour à Athènes cinq ans plus tard, en tant que prince héritier, il fut l'un des trois médaillés d'or en voile aux jeux Olympiques de Rome en 1960.
Après avoir vécu quarante ans à Londres, il est rentré en Grèce en 2013 où il continuait de se dénommer "roi". Il a assuré n'avoir jamais voté, ni avoir eu l'intention de le faire, dans une interview à la télévision grecque Skaï en 2016.
Marié à Anne-Marie, soeur de Margareth II, la reine du Danemark, il laisse cinq enfants.
M.White--AT