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Norvège: jugé pour viols, le fils de la princesse Mette-Marit plaide non coupable
Marius Borg Høiby, fils de la princesse héritière de Norvège Mette-Marit, a plaidé non coupable des accusations de viols mardi au premier jour d'un procès retentissant qui plonge la famille royale dans l'embarras.
Né d'une relation antérieure au mariage de sa mère avec le prince héritier Haakon en 2001, M. Høiby, vêtu d'un pantalon et d'un pull verts, a répondu par la négative, en marmonnant, aux quatre accusations de viols.
Inexpressif, portant lunettes épaisses, boucles d'oreille et resté debout pendant la lecture de l'acte d'accusation, le jeune homme de 29 ans, qui doit répondre au total de 38 chefs d'accusation passibles de 16 ans de prison, a reconnu certains des autres faits, plus mineurs.
Il est notamment accusé du viol de quatre femmes, de violences physiques et psychologiques contre d'ex-compagnes, et d'une infraction à la législation sur les stupéfiants.
Il a été de nouveau arrêté le week-end dernier sur la base de nouveaux soupçons, dont des menaces avec un couteau, et placé en détention provisoire pour quatre semaines à la demande de la police "en raison du risque de récidive".
Son procès, qui doit durer sept semaines, a débuté à 09H30 (08H30 GMT) au tribunal d'Oslo dans une salle bondée de journalistes, a constaté l'AFP.
Après la lecture de l'acte d'accusation dans la matinée, une première victime présumée de viol doit déposer à huis clos dans l'après-midi.
- Justiciable comme les autres -
En amont de la procédure, le procureur Sturla Henriksbø a affirmé à l'AFP que Marius Borg Høiby ne serait traité "ni avec plus d'indulgence ni plus de sévérité" en raison de ses liens avec la famille royale.
La défense, elle, n'a pas voulu s'exprimer.
Le jeune homme aux allures de "bad boy" avec ses tatouages, avait été arrêté le 4 août 2024, soupçonné d'avoir agressé sa compagne au cours de la nuit précédente.
Quelques jours plus tard, il dira avoir agi "sous l'influence de l'alcool et de la cocaïne après une dispute", et précisera souffrir de "troubles mentaux" et lutter "depuis longtemps contre la dépendance" à la drogue.
L'enquête de la police a permis d'exhumer d'autres délits et crimes présumés, dont les viols de quatre femmes alors qu'elles n'étaient pas en état de se défendre, et qu'il a, pour certains, filmés.
En janvier, la police a annoncé six nouveaux chefs d'accusation, dont une infraction de la loi sur les stupéfiants: en 2020, M. Høiby a transporté, apparemment sans contrepartie, 3,5 kg de marijuana, des faits qu'il a reconnus.
Dans cette affaire, il a de nouveau été arrêté dimanche soir, soupçonné d'atteinte à l'intégrité physique, de menaces avec un couteau et de violation d'une interdiction de contact.
Au total, sept personnes sont considérées comme des victimes présumées.
Leur identité est protégée, à l'exception de Nora Haukland, mannequin et influenceuse, qui s'est exprimée publiquement sur des violences qu'elle dit avoir subies.
Entre l'été 2022 et l'automne 2023, alors qu'ils entretenaient une relation, Høiby l'a frappée au visage à plusieurs reprises, lui a asséné coups de pied et coups de poing, l'a saisie à la gorge, projetée contre un réfrigérateur et insultée, selon l'acte d'accusation.
- Image écornée -
Pire scandale qu'ait connu la famille royale jusqu'à présent, l'affaire a contribué à écorner l'image de l'institution pourtant populaire grâce aux figures rassembleuses mais vieillissantes du roi Harald et de la reine Sonja, tous deux âgés de 88 ans.
Selon un sondage publié mardi par la chaîne TV2, plus de 70% des Norvégiens estiment que la position de la monarchie s'est affaiblie ces dernières années, également marquées par d'autres controverses.
Incidemment, l'ouverture du procès coïncide avec un vote le jour même au Parlement norvégien sur le maintien du régime monarchique en Norvège, qui devrait recueillir une écrasante majorité.
Pour Philip Wilson, vigile et étudiant de 35 ans rencontré dans une rue d'Oslo, le Palais a très mal géré l'affaire.
"Je pense que les équipes de communication du palais ne vont pas chômer dans les jours qui viennent", a-t-il dit à l'AFP.
Le couple princier n'assistera pas au procès.
Tiraillée entre ses rôles de mère et de future reine, Mette-Marit mène déjà d'autres combats.
A 52 ans, elle lutte contre une maladie pulmonaire incurable qui risque de lui valoir bientôt une transplantation périlleuse.
Suite à la publication de nouveaux documents aux États-Unis, elle doit aussi depuis ce week-end répondre de ses liens passés --et apparemment étroits-- avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Le verdict à l'encontre de son fils est attendu plusieurs semaines après la fin du procès, prévue le 19 mars.
R.Chavez--AT