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Les mémoires explosifs du prince Harry arrivent en librairie
Coup éditorial et grand déballage, les mémoires du prince Harry, dont les passages les plus explosifs contre la famille royale britannique ont déjà été largement éventés dans les médias, atterrissent mardi dans les rayons des librairies.
Au Royaume-Uni, de premiers exemplaires du livre doivent être vendus après minuit (locales et GMT) chez quelques détaillants restés ouverts pour l'occasion. Certaines enseignes le proposent à moitié prix (14 livres sterling, soit 15,90 euros, au lieu de 28 livres).
En anglais, l'ouvrage sort au Royaume-Uni, mais aussi aux Etats-Unis, en Irlande, Australie, Nouvelle-Zélande, Inde, Afrique du Sud et au Canada. Il est également édité dans 15 autres langues. Il a déjà été placé par erreur dans leurs rayons quelques heures jeudi dans des librairies en Espagne.
Les divisions au sein de la royauté britannique y apparaissent au grand jour, confrontant cette institution à l'influence planétaire à une profonde crise à peine quatre mois après la mort de la très populaire Elizabeth II.
On sait déjà que William, l'héritier du trône, son "frère bien aimé et ennemi juré", est sa principale cible. Mais le roi Charles III, chef d'Etat de 15 pays qui sera couronné le 6 mai, n'est pas non plus épargné. Tout comme Kate, l'épouse de William, et Camilla, la reine consort.
Le prince de 38 ans a donné plusieurs interviews télévisées pour promouvoir et défendre son livre, depuis la Californie où il s'est exilé en 2020 avec son épouse Meghan.
- "Me réapproprier mon histoire" -
Pourquoi s'exposer ainsi trois ans après avoir pris ses distances avec la monarchie britannique? "Après 38 ans à voir mon histoire racontée par tant de personnes avec des déformations et des manipulations intentionnelles, cela m'a semblé le bon moment de me réapproprier mon histoire", a-t-il expliqué mercredi soir sur la chaîne britannique ITV.
Mais rien "n'a été fait avec l'intention de blesser ou de faire du tort" à son père Charles III, son frère William ou sa famille.
Le prince a affiché une volonté de réconciliation avec sa famille. Mais sur la chaîne américaine CBS, il a reconnu que William et lui ne se parlaient pas actuellement et qu'il n'avait pas échangé avec son père "depuis un bon moment".
Buckingham Palace n'a pas réagi aux déclarations du prince. The Sunday Times a cité des proches du prince William affirmant qu'il est "triste", qu'il "brûle à l'intérieur", mais qu'"il reste silencieux pour le bien de sa famille et du pays".
Dans un moment marquant sur ITV, Harry a nié avoir accusé la famille royale de racisme, quand il a dit en mars 2021 à la télévision américaine qu'un membre de celle-ci s'était interrogé sur la couleur de peau qu'aurait son fils à naître, comme son épouse est métisse. Cette interview avait relancé un vif débat au Royaume-Uni sur le racisme.
La presse britannique, en majorité très hostile aux "Sussex", croit y voir "une branche d'olivier" tendue à la famille royale, mais pour les journaux le mal est déjà fait.
- Impopularité record -
Dans son livre, Harry accuse William de l'avoir jeté au sol lors d'une dispute en 2019 concernant Meghan, qu'Harry avait épousée l'année précédente.
Il accuse aussi son frère et son épouse Kate d'avoir eu des "stéréotypes" envers Meghan, actrice américaine métisse, qui ont "créé un obstacle" pour l'accueillir dans la famille.
Harry s'en prend notamment aussi à l'épouse de son père, Camilla, désormais reine consort, affirmant que certains détails de conversations privées publiées dans les médias "ne pouvaient avoir fuité que" par elle.
Malgré une intense promotion les jours précédents sa diffusion, l'interview sur ITV a été regardée par 4,1 millions de téléspectateurs, doublée par la BBC qui diffusait une série.
Les Britanniques semblent lassés par Harry et Meghan, omniprésents dans les médias depuis des semaines. Leur impopularité atteint des records. Selon un sondage YouGov, 64% des Britanniques ont une image négative de Harry.
H.Gonzales--AT