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Macron promeut à Séoul sa "coalition des indépendants" face à Trump et la Chine
Emmanuel Macron termine vendredi sa mini-tournée au Japon et en Corée du Sud en appelant à la formation d'une "coalition des indépendants" entre démocraties pour faire face à "l'hégémonie" de la Chine et à "l'imprévisibilité" du président américain, Donald Trump.
Comme il l'avait fait à Tokyo devant la Première ministre Sanae Takaichi, le président français a plaidé à Séoul auprès de son homologue sud-coréen, Lee Jae Myung, pour cette coalition qui, dans son esprit, réunirait les pays européens, le Japon, la Corée du Sud, le Canada et quelques "grands (pays) émergents démocratiques" comme l'Inde et le Brésil.
Il avait esquissé lors d'une conférence à Singapour en mai 2025, l'idée de "bâtir de nouvelles alliances" basées sur le droit international face "au défi de pays révisionnistes qui veulent imposer, au nom de sphères d'influence, des sphères de coercition". Mais c'est au cours de ce voyage à Tokyo puis à Séoul qu'il a commencé à employer le nom de "coalition des indépendants".
A Tokyo, il avait assuré voir une convergence entre "la stratégie française et européenne" et "la stratégie japonaise".
Première femme à gouverner le Japon, Mme Takaichi s'est imposée avec des positions ultranationalistes et conservatrices. Si elle a affiché des affinités avec Donald Trump, elle s'est en revanche attiré la colère de Pékin par ses positions très affirmées sur la scène diplomatique asiatique.
De son côté, le président sud-coréen de centre-gauche, arrivé au pouvoir en juin 2025, s'efforce de mener une diplomatie pragmatique à l'égard des Etats-Unis, dont Séoul dépend largement pour sa sécurité face à la Corée du Nord ennemie.
- "Vassaux" -
"Je suis convaincu qu'en ce moment même, des démocraties comme la Corée du Sud et la France, nos Républiques, ont beaucoup à accomplir ensemble", a insisté M. Macron vendredi devant un parterre d'étudiants de la prestigieuse Université Yonsei de Séoul.
"Sur la base de ce partenariat, les démocraties de vos pays d'origine, celles d'Europe, le Canada, le Brésil et l'Inde, ont un programme commun", a-t-il ajouté
"Notre objectif est de ne pas être les vassaux de deux pouvoirs hégémoniques", a insisté le président français, promoteur de longue date d'une telle "troisième voie". "Et nous ne voulons pas dépendre de la domination, disons, de la Chine, ni être trop exposés à l'imprévisibilité des Etats-Unis. Cela dit, c'est justement pour cela qu'il y a une marge de manœuvre, un espace".
Tout en reconnaissant le rôle crucial des Etats-Unis pour bâtir le nouvel ordre mondial après la Seconde Guerre mondiale, il a estimé que "le problème auquel nous sommes confrontés, c'est que les principaux pays, ceux qui ont la plus grande responsabilité, commencent à mettre eux-mêmes en péril l'ordre international".
La veille, Emmanuel Macron avait déjà étrillé son homologue américain, sa diplomatie et sa communication volubile, estimant que Donald Trump parlait trop et se contredisait sans cesse.
Il avait aussi condamné la guerre contre l'Iran, "une opération que les Américains ont décidée avec les Israéliens seuls", en ironisant sur le fait qu'ils déplorent à présent de ne pas être "aidés" par des alliés qu'ils n'ont pas consultés -- et qui sont malgré tout frappés de plein fouet par la flambée des prix de l'énergie.
Toute sa mini-tournée a été scandée par un dialogue musclé, à distance, avec le président républicain. Vendredi, devant les étudiants sud-coréens le président français a réaffirmé qu'il était impossible de "résoudre" les problèmes posés par l'Iran "simplement par des bombardements". Et il est allé plus loin, invoquant les échecs des opérations militaires "en Irak, en Afghanistan, en Libye", c'est-à-dire autant de missions vilipendées par Donald Trump et sa base électorale par le passé.
"Si on commence à dire +je n'aime pas votre régime (...) donc je vais intervenir et vous bombarder+, on ouvre la boîte de Pandore", a-t-il prévenu.
Avant de repartir pour Paris vendredi soir, Emmanuel Macron devait participer à un forum économique franco-coréen, inaugurer une annexe du Centre Pompidou à Séoul et dîner avec des personnalités du cinéma sud-coréen et de la k-pop.
W.Nelson--AT