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Présidentielle: aux côtés de Boualem Sansal, Retailleau promet de "remettre la France à l'endroit"
Bruno Retailleau, qui stagne dans les sondages, a tenté d'insuffler une dynamique à sa campagne présidentielle lors de son premier meeting samedi, se posant en défenseur des classes moyennes et des entreprises et en attaquant LFI, en la présence remarquée de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal assis au premier rang.
"Nous allons relever la France. Nous allons la remettre à l'endroit", a affirmé le patron des Républicains au Parc floral à Paris devant plusieurs milliers de personnes - 6.000 selon les organisateurs - qui ont bravé la chaleur pour le soutenir au cri de "Bruno président!", "on va gagner".
Il a dénoncé le "mépris du peuple français" de la part de la macronie, cherchant à incarner la rupture avec les deux quinquennats du chef de l’État et à s'imposer comme le candidat de la droite, face au favori Édouard Philippe (Horizons), qui le devance dans les sondages.
"Je ne prétendrai jamais à être Jupiter", a-t-il assuré, dirigeant ses piques les plus directes vers Gabriel Attal, le candidat de Renaissance, dont il a fustigé les "slogans", notamment son "tu casses, tu répares" lancé lorsqu'il était Premier ministre.
"Cette menace-là, c'est pour gronder les enfants qui ont fait des bêtises. Mais ça ne va pas effrayer les barbares auxquels nos policiers, nos gendarmes ont à faire", a-t-il affirmé.
Le sénateur de Vendée, autour des 9% dans les intentions de vote, a aussi réitéré sa promesse d'aller "jusqu'au bout".
Dans son discours, pas un mot sur le RN, mais une lourde charge contre Jean-Luc Mélenchon : "La Nouvelle France" défendue par La France insoumise est "un nouvel antisémitisme qui s'abreuve aux sources de l'islamo-gauchisme", a-t-il dénoncé.
- La "légende" Sansal -
La présence de l'écrivain Boualem Sansal, qui s'est engagé à "très probablement voter pour lui", lui a aussi donné l'occasion de marquer encore plus ses distances avec la macronie, lui qui avait voulu instaurer, sans succès, un "rapport de force" avec Alger pour obtenir sa libération quand il était ministre de l'Intérieur.
"Il est plus qu'un symbole, puisqu'il est devenu une légende", a proclamé le patron de LR, en allusion à "La légende" le dernier livre de l'auteur franco-algérien, publié chez Grasset, maison d'édition appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré. Et il a également appelé à la libération du journaliste Christophe Gleize, toujours détenu en Algérie.
Dans son discours de près d'une heure, Bruno Retailleau s'est efforcé d'élargir sa base électorale et s'est tout particulièrement adressé aux classes moyennes.
Il a promis notamment de "mieux rémunérer le travail", de réduire drastiquement la facture d'électricité et présenté l'éducation comme "la mère des batailles".
Convaincu que la majorité des Français attendent une politique de droite, il doit s'efforcer de sortir de la "case réac où nos adversaires tentent de nous enfermer", explique l'un de ses soutiens. En clair, séduire au-delà de LR pour que sa "courbe croise celle d’Édouard Philippe à l'automne", comme il l'affirme lui-même.
- Voix dissonantes -
Les regards étaient concentrés sur le premier rang pour identifier les présents, mais aussi les absents au sein d'un parti qui a frôlé à plusieurs reprises la disparition au cours des dernières années et qui s'est caractérisé par la dispersion de ses leaders.
L'image d'une "famille politique unie" a certes été donnée par les présences du président du Sénat Gérard Larcher, ou de l'ex-Premier ministre Michel Barnier qui a mis le Vendéen sur orbite il y a deux ans en le nommant à Beauvau. La présidente d'Ile-de-France, Valérie Pécresse, a également fait le déplacement. François Baroin, actuel maire de Troyes et figure emblématique de LR, a aussi répondu à l'appel.
Mais cette image d'unité a été mise à mal par les absences de plusieurs figures, dont le patron des députés LR Laurent Wauquiez, qui plaide pour une primaire ouverte afin de désigner un candidat unique à droite.
Ou celle de Xavier Bertrand, qui nourrit des ambitions présidentielles. Sans oublier les six membres du gouvernement de Sébastien Lecornu suspendus du parti.
S.Jackson--AT