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Un deuxième navire iranien près du Sri Lanka après le torpillage d'une frégate
Un deuxième navire de guerre iranien s'est rapproché jeudi des eaux territoriales du Sri Lanka, dans l'océan Indien, au lendemain du torpillage d'une frégate iranienne par un sous-marin américain qui a fait au moins 84 morts, selon les autorités de Colombo.
Le ministre sri-lankais des Médias, Nalinda Jayatissa, a indiqué au Parlement que le bâtiment iranien se situait à la limite de son espace maritime, sans plus de détails.
Selon des sources officielles, le président Anura Kumara Dissanayake discutait jeudi avec les plus hauts responsables de son pays de la réponse à apporter à la demande émise par Téhéran que son navire puisse s'abriter dans les eaux du Sri Lanka.
Les mêmes sources sri-lankaises ont identifié ce deuxième bâtiment comme le Iris Bushehr et évalué à près de 300 personnes le nombre de membres d'équipage et de marins en formation à son bord.
Elles ont dit craindre que le bateau soit pris pour cible, comme la frégate iranienne Iris Dena coulée la veille.
Dénonçant "une atrocité", le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que la frégate avait été invitée par la marine indienne quand elle a été "frappée sans avertissement dans les eaux internationales".
Les Etats-Unis le "regretteront amèrement", a-t-il menacé, alors que la guerre déclenchée par une attaque conjointe américano‑israélienne contre l'Iran s'étend à travers le Moyen‑Orient et au-delà.
Le ministre sri-lankais de Affaires étrangères Vijitha Herath a fait savoir qu'il s'était entretenu avec son homologue iranien jeudi pour exprimer "sa pronfonde inquiétude" au sujet de l'escalade des opérations militaires dans la région.
Les recherches se sont poursuivies jeudi pour tenter de retrouver les dizaines de marins de l'Iris Dena toujours portés disparus, a indiqué le porte-parole de la marine sri-lankaise, Buddhika Sampath.
Leur bateau retournait vers l'Iran après avoir participé à un exercice militaire dans le port oriental de Visakhapatnam, en Inde, lorsqu'il a été frappé.
La diplomatie iranienne a évoqué le chiffre de 130 marins à bord. Mercredi, le ministre des Affaires étrangères sri-lankais avait évoqué 180 personnes à bord quand l'appel de détresse de la frégate a été capté à l'aube au niveau de la côte sud du Sri Lanka.
- Salle d'hôpital séparée -
Washington a annoncé avoir torpillé le bateau qui "pensait être en sécurité dans les eaux internationales", selon le ministre américain à la Défense Pete Hegseth.
Le chef d'état-major de la armée américaine, le général Dan Caine, a précisé que c'était "la première fois depuis 1945" qu'un sous-marin d'attaque américain coulait un "navire combattant ennemi".
Les autorités sri-lankaises ont ouvert une enquête sur la mort des marins iraniens et Sameera Dodangoda, juge en chef dans la ville portuaire sri-lankaise de Galle (sud), a ordonné des autopsies.
L'hôpital principal de Galle a indiqué jeudi que 84 corps avaient été retrouvés, révisant à la baisse le bilan de 87 morts annoncé la veille.
Les corps, dont certains mutilés, y ont été acheminés par camions après avoir été repêchés en haute mer.
Des responsables de l'hôpital ont précisé que les 32 Iraniens secourus étaient toujours soignés, sous protection de policiers et de commandos d'élite.
"La plupart d'entre eux présentent des blessures légères, mais quelques-uns des fractures et des brûlures", a déclaré une infirmière de l’hôpital, sous couvert d'anonymat.
"Notre priorité consiste à nous assurer que tous les marins blessés, malades ou naufragés bénéficient de toute l'aide à laquelle ils ont droit", a déclaré à l'AFP un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans la capitale Colombo, Ruwanthi Jayasundare.
L'accès au service des urgences de cet établissement est interdit aux visiteurs et aux autres patients.
L'attaque a eu lieu à environ une heure de la principale base navale de Galle. Quand les secours en mer sri-lankais sont arrivés sur zone, la frégate iranienne avait complètement coulé.
Le Sri Lanka est resté neutre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, appelant au dialogue.
N.Mitchell--AT