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Bangladesh: large victoire du BNP aux législatives, les islamistes contestent
Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) a remporté une large victoire lors des premières élections législatives organisées depuis l'insurrection qui a causé la chute en 2024 de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina, un succès que ses rivaux islamistes ont promis de contester.
Au lendemain du scrutin, la commission électorale a annoncé vendredi que le BNP avait raflé jeudi une très confortable majorité absolue de 212 des 300 sièges à pourvoir au Parlement.
Ce très large succès doit faire du chef du BNP Tarique Rahman le prochain Premier ministre du pays.
Crédité de 77 sièges, le chef de la coalition dirigée par le Jamaat-e-Islami, Shafiqur Rahman, a toutefois vivement contesté ces résultats.
Il y a eu des irrégularités massives dans le décompte des voix. Nous allons demander à la commission électorale des corrections", a-t-il déclaré lors d'un point-presse au quartier général de son parti.
"Nous n'épargnerons personne", a-t-il ajouté, refusant de répondre aux questions des journalistes qui lui demandaient de préciser ses intentions.
Avant-même la proclamation officielle des résultats, de nombreux pays ont entériné la victoire du BNP.
Dans un message de leur ambassade à Dacca sur les réseaux sociaux, les Etats-Unis ont félicité le BNP et Tarique Rahman pour leur "victoire historique".
Rapidement suivis par le Premier ministre indien Narendra Modi qui, à un moment de fortes tensions entre les deux pays, a assuré que "l'Inde continuera(it) à soutenir un Bangladesh démocratique, progressiste et inclusif".
- "Tenir ses promesses" -
La commission électorale doit annoncer dans la journée les résultats officiels du scrutin.
Un de ses porte-parole, Ruhul Amin Mollik, a annoncé à l'AFP que le taux de participation au scrutin avait atteint 59,44% des 127 millions d'électeurs inscrits, un peu au-dessus de la moyenne des scrutins les plus récents.
Dans les rues de la capitale Dacca, la victoire annoncée du BNP a été accueillie avec calme et sérénité.
"J'espère que Tarique Rahman va pouvoir tenir ses promesses et satisfaire les aspirations du peuple", a déclaré à l'AFP Khurshid Alam, un commerçant de 39 ans.
"Il y a eu quelques accusations de fraudes, mais le BNP a gagné largement et n'a pas pu frauder partout", a pour sa part estimé Nazrul Islam, 47 ans. "Je serais heureux si le BNP peut améliorer notre quotidien".
Agé de 60 ans, le probable futur Premier ministre est l'héritier d'une longue dynastie politique.
Rentré en décembre de 17 ans d'exil au Royaume-Uni, il a pris la succession à la tête du BNP de sa mère Khaleda Zia, trois fois Première ministre, après sa mort quelques jours plus tôt.
Son rival, le chef du Jamaat, Shafiqur Rahman, 67 ans, qui a connu les geôles de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina, ambitionnait de devenir le premier Premier ministre islamiste de l'histoire du Bangladesh, un pays à 90% musulman.
- "Témoin du changement" -
Dans une déclaration jeudi soir, le chef du gouvernement provisoire et prix Nobel de la paix Muhammad Yunus a exhorté les partis à respecter les usages démocratiques, à faire preuve de "tolérance et de respect"
Après une campagne souvent tendue, parfois violente, le scrutin de jeudi s'est déroulé sans incident majeur.
De nombreux électeurs ont voté dans une ferveur inédite depuis l'élection de Mme Hasina en 2009. Les scrutins qui ont suivi ont tous été boudés par l'opposition ou dénaturés par des fraudes massives.
"J'ai de la chance d'être témoin du changement", a commenté jeudi Mahfuz Rahman, 52 ans.
Fers de lance des émeutes meurtrières de l'été 2024, les jeunes - les 18-37 ans constituent 44% du corps électoral - espèrent des changements profonds, dans un pays à l'économie en panne et malade de la corruption.
"C'est la première fois que je vote et, après tout ce que nous avons vécu ces dernières années, j'espère enfin quelque chose de positif", a déclaré à l'AFP Shithi Goswami, une étudiante de 21 ans qui a voté à Dacca.
Selon les estimations des télévisions, les électeurs bangladais ont également largement approuvé jeudi par référendum une série de réformes institutionnelles destinées à éviter le retour d'un régime autoritaire.
De son exil indien, Sheikh Hasina, condamnée à mort par contumace pour la répression de la révolte de 2024, a dénoncé dans une déclaration publiée par son parti un scrutin "illégal et inconstitutionnel".
F.Wilson--AT