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Sonia Mabrouk quitte Europe 1 et tourne la page des médias Bolloré
Après la chaîne CNews, la journaliste Sonia Mabrouk a démissionné vendredi de la radio Europe 1 et quitté les médias dans le giron de Vincent Bolloré, à la suite de la polémique autour de l'animateur Jean-Marc Morandini.
"Dans un souci de cohérence, après ma démission de CNews, et ce malgré un fort attachement à Europe 1, j'ai pris la décision de quitter mon poste d'intervieweuse politique qui m'a vu faire mes premiers pas dans cette radio", indique-t-elle dans un communiqué à l'AFP.
"Mes remerciements vont particulièrement aux auditeurs fidèles ainsi qu'aux équipes qui m'ont vu évoluer durant près de quinze ans", ajoute-t-elle en remerciant aussi Constance Benqué, la directrice générale de la maison mère Lagardère Radio. Elle met également fin à sa collaboration avec le JDD et les éditions Fayard, qui sont aussi dans la sphère Bolloré.
"Je vais désormais me concentrer sur un heureux événement qui arrive prochainement, ainsi que sur la suite de mon parcours professionnel", conclut Sonia Mabrouk, enceinte de son deuxième enfant attendu au printemps.
Elle avait démissionné il y a une semaine de CNews, première chaîne info de France en part d'audience, après le maintien de Jean-Marc Morandini sur cette antenne malgré ses condamnations définitives notamment pour corruption de mineurs.
La journaliste avait alors fait état d'une "altération certaine et effective de (s)a relation avec une partie de la direction de CNews" depuis sa prise de distance avec le maintien de M. Morandini.
Depuis, l'animateur s'est retiré de l'antenne, pour une durée qui n'est pas connue. M. Morandini, 60 ans, entend par là aider à "rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction", a-t-il expliqué lundi sur le réseau social X.
Sonia Mabrouk, 49 ans, menait chaque matin "La grande interview" sur Europe 1, codiffusée sur CNews, ainsi que "Midi News" sur CNews.
La journaliste franco-tunisienne était un pilier de ces médias et de leurs audiences, ayant rejoint Europe 1 en 2013 et CNews en 2017. Elle a conduit mardi sa dernière interview matinale, et était absente depuis.
- Tensions et boycott -
Dans une scène inédite, son invité lundi matin, l'eurodéputé François-Xavier Bellamy (LR), avait lancé à l'adresse de Jean-Marc Morandini: "Partez, démissionnez !". L'émission était réalisée en direct dans les studios d'Europe 1 et diffusée simultanément sur CNews.
Peu après, l'intéressé avait piloté comme habituellement son programme de 10H30 à 12H00, pour un 1.803e numéro du "Morandini Live". Mais, à la mi-journée, il avait annoncé son retrait de l'antenne.
CNews (groupe Canal+) est dans la tourmente depuis une première condamnation définitive de Jean-Marc Morandini le 14 janvier et la décision initiale de sa direction de le maintenir à l'antenne.
Sonia Mabrouk avait été la première à prendre ses distances avec ce maintien, suivie par les autres présentateurs stars Pascal Praud, Laurence Ferrari et Philippe de Villiers.
De nombreux responsables politiques avaient critiqué ce maintien et boycottaient son émission de débats quotidienne.
De plus, le milliardaire conservateur Vincent Bolloré doit être convoqué fin février par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public et être interrogé sur le cas de Jean-Marc Morandini.
En interne, certains réclament son départ définitif. Le syndicat +Libres de Canal+ a ainsi demandé en janvier "le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini", comme la direction de la chaîne alors appelée iTélé s'y était engagée en 2016 en cas de condamnation.
Le 14 janvier, la Cour de cassation a rendu définitive la condamnation de M. Morandini pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents de 2009 à 2016. Pour ces faits, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis. Il a une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs.
En outre, l'animateur a renoncé le 22 janvier à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans un autre dossier, ce qui la rend définitive.
Dans ce dossier, il a été condamné en appel en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis, reconnu coupable d'avoir "usé de pressions pour obtenir un acte sexuel" de la part d'un jeune comédien.
O.Gutierrez--AT