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Conférence de Munich sur la sécurité: les Européens sous intense pression américaine
Plus de 60 chefs d'État et de gouvernement et une centaine de ministres des Affaires étrangères et de la Défense dont le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio se réunissent de vendredi à dimanche pour la Conférence de Munich sur la sécurité: les Européens sont sur le qui-vive, un an après un discours hautement conflictuel de l'équipe Trump.
Les Européens abordent ce "Davos de la défense" sous l'intense pression de leur allié américain qui leur reproche de ne pas se prendre suffisamment en main, et sous la menace de la Russie qui a envahi l'Ukraine.
L'allemand Friedrich Merz et le français Emmanuel Macron sont les têtes d'affiche du premier jour de la Conférence de Munich. Le chancelier allemand prendra la parole pour un discours à 13h45 (12h45 GMT) tandis le président français clôturera la journée à 19h00 (18h00 GMT).
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé son arrivée prochaine à la conférence où chefs d'Etat ou de gouvernement, ministres, chefs d'entreprises, gradés et agents du renseignement graviteront jusqu'à dimanche autour de deux hôtels fortifiés dans le centre historique de la capitale bavaroise quadrillée par près de 5.000 policiers.
"L'ordre international ravagé à coups de boulets de démolition" sera au centre des débats, selon les organisateurs. Les sujets sont innombrables: l'effritement de l'ordre international et la fragmentation du monde, la dissuasion nucléaire après l'arrivée à échéance du traité New Start, la guerre en Ukraine, les opérations de guerre hybride, etc.
Sans oublier le Groenland, convoité par le président Donald Trump. Le gouvernement danois va d'ailleurs rencontrer à Munich le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, a annoncé vendredi la Première ministre danoise Mette Frederiksen aux médias danois.
Le constat est partagé, maintenant, "l'objectif de la conférence de Munich devrait être, non pas de mieux expliquer de quoi il s'agit, mais plutôt de savoir ce que nous allons faire. Comment allons-nous réagir ?", a estimé Ian Bremmer, le président de l'ONG Eurasia Group.
Si, côté américain, le ton devrait être sensiblement moins conflictuel cette année, Washington n'entend pas pour autant relâcher sa pression sur le continent.
L'année dernière, le vice-président JD Vance avait consterné les Européens en affirmant que la liberté d'expression "reculait" sur le continent et en semblant épouser les vues des partis d'extrême droite comme l'AfD, en Allemagne, notamment sur l'immigration.
Cette année, pas de JD Vance, qui vient d'achever une tournée en Arménie et Azerbaïdjan. Le secrétaire d'Etat Marco Rubio, considéré comme moins idéologue, conduit la délégation américaine devant le gotha de la sécurité et de la défense réuni dans la capitale de Bavière. Il prendra la parole publiquement samedi.
- Rubio moins "offensant" que Vance -
"Rubio n'offensera pas gratuitement les Européens. Il ne les offensera que sur les points qu'il considère essentiels au message de Trump. Rubio sera perçu comme une figure globalement constructive, cherchant à réduire l'incertitude, l'imprévisibilité et le manque de fiabilité des Américains, même si une grande partie de son discours sera ferme et ne correspondra pas forcément à l'avenir que les Européens souhaitent", a anticipé M. Bremmer lors d'une conférence de presse.
Les Européens "veulent de l'honnêteté", a estimé Marco Rubio avant de décoller de Washington.
Parmi les autres intervenants aux échanges officiels figurent le ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi, le président finlandais Alexander Stubb, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper, ou le fils de l'ancien chah d'Iran, qui se dit prêt à mener une transition démocratique dans son pays, Reza Pahlavi.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump, selon qui l'Union européenne a été construite pour "emmerder" les Etats-Unis, a l'Europe dans le collimateur.
Comme en témoigne sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale, où le président américain s'est livré comme jamais à une attaque en règle contre les Européens, menacés selon lui d'un "effacement civilisationnel".
La Conférence de Munich intervient en pleine crise de confiance entre Américains et Européens après l'épisode groënlandais, qui a fait tressaillir les relations transatlantiques, et que les Européens espèrent être derrière eux.
Au delà du Groënland, la pérennité du lien transatlantique, le parapluie sécuritaire américain, la guerre en Ukraine mais aussi les relations avec la Russie devraient dominer les débats. Le président français, Emmanuel Macron a par exemple déclaré vouloir une reprise du dialogue avec Vladimir Poutine.
Pour l'instant, ce dialogue est à sens unique entre Washington et Moscou.
A.Anderson--AT