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Vol non-autorisé d'un drone sur la Corée du Nord: les services sud-coréens perquisitionnés
Des locaux des services de renseignement sud-coréens à Séoul ont été perquisitionnés mardi, a annoncé un groupe d'investigation conjoint police-armée qui enquête sur l'envoi non-autorisé d'un drone au-dessus de la Corée du Nord début janvier.
La Corée du Nord avait annoncé le mois dernier avoir abattu un drone équipé de "matériel de surveillance" près de la ville de Kaesong, à quelques kilomètres de la frontière ultra-militarisée avec le Corée du Sud.
L'influente sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Kim Yo-jong, avait exigé une "explication détaillée" de Séoul sur l'incident.
Des photos publiées par l'agence officielle nord-coréennes KCNA avaient montré l'épave du drone et des composants gris et bleu présentés comme des débris de caméras. L'armée nord-coréenne avait affirmé que l'engin avait pris des images de "cibles importantes" dans les zones frontalières.
KCNA a également accusé la Corée du Sud d'avoir envoyé un drone similaire en septembre au-dessus de Kaesong, affirmant que l'engin s'était écrasé après avoir été neutralisé par un brouillage électronique.
L'armée sud-coréenne avait affirmé n'avoir rien à voir avec ces drones, appartenant à un modèle en vente libre qu'elle n'utilise pas. Séoul avait suggéré dans un premier temps que des civils avaient organisé ces opérations au-dessus du Nord.
Le président sud-coréen Lee Jae Myung avait dénoncé l'incident, soulignant que ce type d'initiative risquait de déclencher un affrontement armé entre les deux Etats qui n'ont jamais signé de traité de paix à l'issue de la guerre de Corée (1950-1953).
Trois civils ont été inculpés pour leur rôle présumé dans ce dossier.
L'un d'eux en avait publiquement revendiqué sa responsabilité, affirmant avoir fait voler l'engin pour mesurer les niveaux de radiation et de contamination en métaux lourds autour de l'usine de traitement d'uranium de Pyongsan, en Corée du Nord.
Mais les autorités sud-coréennes ont annoncé mardi enquêter également sur trois soldats ainsi qu'un employé des services de renseignement soupçonnés d'être impliqués.
Les enquêteurs d'un groupe de travail conjoint armée-police ont perquisitionné mardi "18 lieux", dont le commandement du Renseignement militaire et le Service national de renseignement, selon un communiqué.
"Le groupe de travail a annoncé qu'il établirait minutieusement la vérité derrière l'incident du drone grâce à l'analyse des matériaux saisis et à une enquête rigoureuse sur les suspects", ajoute le texte.
- Excuses -
Ce n'est pas la première fois que la Corée du Nord dénonce l'envoi de drones sud-coréens chez elle.
Le président sud-coréen déchu Yoon Suk Yeol est actuellement jugé pour avoir illégalement ordonné des survols de Pyongyang par des drones lorsqu'il était au pouvoir, à l'automne 2024.
Le parquet l'accuse d'avoir agi ainsi avec l'intention de déclencher un incident armé et de s'en servir comme prétexte pour décréter la loi martiale.
La Corée du Nord avait réagi avec mesure, sans riposte armée. M. Yoon avait finalement tenté sans succès de suspendre le pouvoir civil en décembre 2024, avant d'être destitué et emprisonné. Jugé pour insurrection, il risque la peine de mort.
Depuis son entrée en fonction en juin 2025, Lee Jae Myung a pris plusieurs mesures pour apaiser les tensions et tenter d'améliorer les relations Pyongyang.
Il a ordonné le retrait des haut-parleurs qui diffusaient de la propagande le long de la frontière, et dit estimer devoir des excuses à la Corée du Nord pour les provocations de son prédécesseur.
Des drones venus de Corée du Nord ont aussi atteint le Sud par le passé.
En décembre 2022, notamment, cinq engins nord-coréens avaient traversé la frontière, perturbant le trafic dans les aéroports de Séoul. La Corée du Sud avait déployé des avions de chasse et des hélicoptères d'attaque, sans parvenir à les abattre.
En 2024, la Corée du Nord a également lancé vers le Sud des ballons transportant des déchets, en guise de représailles contre des Sud-coréens qui faisaient flotter vers le Nord des messages de propagande anti-régime.
M.Robinson--AT