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Malgré sa mort, les partisans de Charlie Kirk restent attachés aux armes à feu
Boeden Seitzinger est encore "traumatisé" par la mort de Charlie Kirk. Cet électricien américain était dans les tous premiers rangs du rassemblement où l'influenceur pro-Trump a été tué d'une balle dans le cou.
"J'ai vu le sang jaillir de son artère carotide", raconte à l'AFP le jeune homme, coiffé d'une casquette rouge "Make America Great Again". "Il était évident qu'il n'allait pas s'en sortir. C'était terrifiant."
Malgré la mort de cette figure de la droite américaine, il rejette en bloc l'idée d'instaurer des contrôles plus stricts pour obtenir des armes à feu aux Etats-Unis.
"Ça n'aurait rien changé. Quand on veut, on peut, les gens se procurent des armes, quoi qu'il arrive", souffle-t-il, lors d'une veillée à la mémoire du militant conservateur à Orem, dans l'Utah (ouest).
Un suspect est actuellement en garde à vue pour le meurtre de M. Kirk. Les autorités n'ont pas encore expliqué dans quelles conditions le fusil à lunette, retrouvé dans des bosquets près de la scène de crime, a été acquis.
Mais une chose est sûre : l'Utah, où l'influenceur a trouvé la mort, est un des Etats les plus permissifs en matière d'armes à feu. Dans cette région très conservatrice, les adultes peuvent porter des armes à feu sans permis, sauf pour les jeunes âgés de 18 à 20 ans.
Sur les campus, comme celui de l'université Utah Valley, où M. Kirk a été tué, avoir une arme est possible à condition d'avoir un permis.
- Défenseur du deuxième amendement -
Âgé de 18 ans, M. Seitzinger a grandi en chassant avec sa famille et s'est procuré il y a quelques mois son premier fusil. L'achat a pris trente minutes, temps nécessaire pour que la boutique vérifie ses antécédents. Il refuse toute règle qui l'aurait obligé à attendre plusieurs jours.
"Ce n'est pas ce que Charlie aurait voulu", estime-t-il.
"Charlie disait souvent que le danger d'une arme à feu vient uniquement de son propriétaire. Il ne faut pas blâmer l'arme à feu, mais plutôt la personne qui la brandit", reprend-il. "Le fait qu'il soit mort ne m'inspire pas une peur des armes à feu, cela me rend méfiant envers les gens."
Le militant, qui a été abattu alors qu'il répondait à une question sur les tueries par armes à feu, était un ardent défenseur du deuxième amendement de la Constitution américaine.
Il avait par exemple estimé que "cela vaut la peine, hélas, de déplorer chaque année un certain nombre de morts par arme à feu afin de pouvoir jouir du deuxième amendement, qui protège nos autres droits offerts par Dieu".
Avec plus d'armes à feu en circulation que d'habitants, les Etats-Unis affichent le taux de mortalité par arme à feu le plus élevé de tous les pays développés. En 2024, plus de 16.000 personnes, sans compter les suicides, ont été tuées par arme à feu, selon l'ONG Gun Violence Archive.
- "Dissonance" -
Les gouvernements successifs n'ont jusqu'à présent pas réussi à endiguer les tueries, fléau de la vie quotidienne systématiquement suivi des traditionnelles "prières" envoyées par la classe politique.
A 73 ans Reed Fansworth, a lui aussi prié pour M. Kirk avec des centaines de personnes lors de la veillée. Dans la foule, ce manager d'une entreprise d'informatique a aperçu quelques personnes porter des armes, et s'est senti rassuré.
"L'Utah, c'est un peu le Far West", sourit-il, grand drapeau étoilé en main. "Quand tout le monde porte une arme, vous faites attention à votre comportement."
"La mort de Charlie ne change pas grand-chose", poursuit-il. "Nous devons nous préoccuper des personnes qui ressentent cette colère, mais nous ne devons pas retirer les armes de tout le monde."
De son côté, Leah Marett avoue ressentir une "dissonance", face à l'assassinat de M. Kirk. Mais pour cette étudiante de 25 ans, le débat reste "insoluble".
"Il y a tellement d'armes à feu en circulation, même si nous essayions de les retirer, tout le monde ne les rendrait pas", pressent-elle. "Nous laisserions beaucoup de personnes en possession d'armes à feu, et les innocents se retrouveraient sans défense."
Y.Baker--AT