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Moscou fait pression sur Kiev, les négociations sur la guerre redémarrent à Abou Dhabi
La Russie a menacé mercredi de poursuivre les hostilités en Ukraine si Kiev n'acceptait pas ses conditions, au moment où un nouveau cycle de négociations en présence des Américains a démarré à Abou Dhabi pour tenter de trouver une issue à quatre ans de guerre.
Les discussions entre les représentants ukrainiens et russes, arrivés mardi soir aux Emirats arabes unis, ont commencé, a annoncé dans la matinée sur les réseaux sociaux le négociateur en chef de Kiev, Roustem Oumerov.
L'invasion de l'Ukraine par la Russie, lancée en février 2022, le pire conflit armé sur le continent européen depuis la Deuxième guerre mondiale, a fait des dizaines, voire des centaines de milliers de morts des deux côtés, ainsi que des millions de réfugiés ukrainiens.
Peu après l'ouverture des négociations, le Kremlin a insisté de nouveau pour que l'Ukraine accepte ses demandes, renforçant les doutes sur les chances de succès de ces efforts diplomatiques, menés depuis des mois sous l'impulsion du président américain Donald Trump.
"Notre position est bien connue", a déclaré aux journalistes le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. "Tant que le régime de Kiev n'aura pas pris la décision appropriée, l'opération militaire spéciale se poursuivra", a-t-il ajouté, utilisant l'euphémisme en vigueur en Russie pour qualifier l'invasion de l'Ukraine.
- "Une semaine" -
L'une des principales demandes de Moscou est que les forces ukrainiennes se retirent des zones sous leur contrôle dans la région orientale de Donetsk. Kiev se refuse jusqu'à présent à abandonner ces territoires, où sont situés ses principales défenses face aux assauts russes.
Ce discours intransigeant du Kremlin s'accompagne de la reprise mardi, après une semaine de pause obtenue sur demande de Donald Trump, des frappes massives russes sur l'Ukraine.
Cette attaque, qui a impliqué des centaines de drones et des dizaines de missiles, a visé des sites énergétiques et entraîné des coupures de chauffage et courant pour des centaines de milliers de foyers par des températures record frôlant -20°C.
Donald Trump a toutefois déclaré que son homologue russe Vladimir Poutine avait "tenu parole" avec un arrêt des frappes sur Kiev et les infrastructures énergétiques courant du dimanche 25 janvier au dimanche 1er février.
"C'est beaucoup, vous savez, une semaine, on prendra ce qu'on peut, parce qu'il fait vraiment, vraiment froid là-bas", a-t-il déclaré mardi.
Le dirigeant américain a toutefois lancé: "je veux qu'il mette fin à la guerre" à l'adresse de M. Poutine, ajoutant qu'il "aimerait" aussi que Moscou prolonge son interruption des frappes.
- "Se préparer au pire" -
L'émissaire américain Steve Witkoff, ainsi que le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, sont attendus aux négociations à Abou Dhabi, selon la Maison Blanche.
Face aux demandes de Moscou, Kiev plaide de son côté pour un arrêt des combats à la ligne de démarcation actuelle et un gel du front, mais craint que Washington ne pousse en faveur de la position russe.
Russes, Ukrainiens et Américains s'étaient déjà retrouvés aux Emirats arabes unis fin janvier pour de premières discussions, dont sont exclus les alliés européens de Kiev. De précédents pourparlers en Turquie en 2025 avaient donné peu de résultats tangibles.
Pour faire pression sur l'Ukraine, la Russie a multiplié ces derniers mois les frappes sur le réseau électrique et le secteur gazier ukrainien, provoquant les pires coupures de courant, d'eau et de chauffage de la guerre, alors que le pays traverse un très rude hiver.
Sur le front, les troupes russes ont accéléré leurs avancées courant janvier, s'emparant de près de deux fois plus de territoire que le mois précédent, selon une analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW) américain, qui qui collabore avec le Critical Threats Project, deux centres de réflexion américains.
Malgré le ballet diplomatique, les Ukrainiens interrogés par l'AFP doutent qu'un accord puisse être conclu avec Moscou.
"Je pense que tout cela n'est qu'une mise en scène pour le public", estime Petro, un habitant de Kiev. "Nous devons nous préparer au pire et espérer le meilleur."
E.Rodriguez--AT