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Deschamps et les médias: "accepter la critique" et "faire passer un message"
Didier Deschamps n'est "pas stressé" par ses obligations médiatiques de sélectionneur des Bleus et "accepte la critique", mais sait aussi parfaitement "faire passer un message", a-t-il expliqué mardi à Laval lors du Festival du journalisme sportif.
"Je suis préparé et je fais attention à ce que je dis" devant la presse, raconte le patron de l'équipe de France dans le cadre d'un débat intitulé: "Un sélectionneur ne devrait pas dire ça", inaugurant les trois jours de cette manifestation.
Au cours d'une discussion animée par le journaliste de L'Equipe Vincent Duluc, DD a pendant une heure et demie disséqué sa communication devant plus de 600 personnes au théâtre de Laval qui l'ont longuement applaudi.
Il a concédé que ce pan de sa fonction lui prend "une partie d'énergie. Après chaque match de l'équipe de France je passe environ une heure avec différents médias, parfois je me répète un peu".
Mais il a rappelé que les Bleus restaient assez ouverts au regard des standards actuels pour des équipes du top niveau mondial, avec des entraînements ouverts aux médias et au public, des conférences de joueurs et des rendez-vous individuels pour des entretiens, même si ceux avec les joueurs se font plus rares.
- "J'ai du respect" -
Pour les publications de listes de sélectionnés, "certains de mes collègues ne font qu'un communiqué", a glissé Deschamps, qui donne chaque fois à cette occasion une conférence de presse.
Mais il estime que les Bleus doivent rester accessibles car "l'équipe de France appartient à tous les Français".
"J'accepte la critique" des médias, a assuré Deschamps, "j'ai du respect pour tout le monde, on peut ne pas être d'accord avec moi".
Il ne cède pas à la tentation, qu'il a parfois, de "régler des comptes", même après "une question qui manque de réflexion et d'analyse. Il peut m'arriver d'avoir un rictus, mais je fais en sorte de répondre, j'ai du respect".
Dans ces conférences de presse, "je peux aussi faire passer un message même si on ne me pose pas la question", s'est-il amusé, sans donner d'exemple.
Et dans l'autre sens, "des fois on dit: +Il n'a pas répondu+, mais parfois c'est juste que ce n'est pas la réponse que vous attendiez", a-t-il encore dit.
Deschamps a aussi raconté qu'il a vu changer l'espace médiatique par rapport à ses débuts de joueur. Le capitaine de Nantes à 19 ans qui prenait des cours de média training en remercie son club formateur.
- "Même un simple like..." -
"Aujourd'hui le moindre mot, même un simple like (allusion à celui du gardien Lucas Chevalier pour une publication favorable au Rassemblement National, NDLR), peut suffire pour déclencher une polémique. Ce nouveau contexte médiatique amène a beaucoup plus de prudence", a-t-il estimé.
Lui n'est pas sur les réseaux sociaux, et jure qu'il "ne regarde jamais" les émissions de débats sur le foot. "Mais je respecte la liberté de tout un chacun, ancien joueur ou pas, de critiquer", a-t-il ajouté dans une allusion transparente à ceux qui le critiquent beaucoup sur les plateaux comme Christophe Dugarry, que le public a bien saisie.
"Didier connaît parfaitement le monde des conférences de presse", a complété son adjoint Guy Stéphan, qui l'a rejoint sur scène. Il a changé, il réagit moins au quart de tour qu'il a pu le faire en 2013 ou 2014 (il a pris la tête des Bleus en 2012, NDLR). C'était un peu le ping-pong au début avec l'opinion, là c'est plus pondéré".
"Et je trouve que c'est encore plus serein depuis qu'il a annoncé qu'il ne continuerait pas après la Coupe du monde 2026. Je ressentais un peu d'usure de l'opinion, mais là depuis plusieurs mois j'ai l'impression qu'on va le regretter", a conclu celui qui travaille avec DD depuis 2009.
"L'environnement médiatique extérieur n'a pas d'impact sur moi", a conclu Deschamps. A la limite, je suis encore plus vigilant dans la vie de tous les jours, où on peut enregistrer parfois les gens à leur insu. En conf de presse, je sais qui est en face de moi."
O.Brown--AT